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OÙ IL EST QUESTION D’ATTILA

Avant de quitter le chef-lieu de la commune, il convient de rapporter une opinion qui n'est pas dénuée de toute vraisemblance; elle concerne le lieu où dut se livrer la grande bataille des Champs-Cataloniques entre Attila, roi des Huns, et le général de l'empire romain Etius, secondé par Mérovée, roi des Francs. L'action se passa vers le milieu du V° siècle.

Plusieurs auteurs, et M. d'Anquetil est du nombre, prétendent que le théâtre de cette mémorable bataille se trouve entre la ville de Troyes et celle de Châlons. Cet avis a prévalu. Cependant, d'autres historiens désignent les environs de Toulouse comme le lieu probable où cet événement s'accomplit. Une autre conjecture enfin compte un certain nombre de partisans; la voici : Attila, se trouvant à la tête d'une armée considérable de Huns, passa le Rhin vers l'année 451 avec l'intention de se rendre en Italie, où, dit-on, l'avait appelé la princesse Honoria, courroucée contre son frère Valentinien. Il saccagea d'abord les villes de Mayence, Trêves, Strasbourg, marcha sur Tongres et Metz qui fut prise d'assaut, puis sur Reims qu'il brûla. Troyes fut épargnée à la prière de son évêque, saint Loup , et Paris ne dut son salut qu'à sainte Geneviève. Le roi des Huns s'avança vers Orléans; mais ses ennemis avaient eu le temps de se reconnaître, et le siége fut levé à l'approche des Romains , des Francs , des Visigoths , commandés par AEtius, Théodoric, roi des Visigoths, et son fils Thorismond, enfin,Mérovée et son jeune fils Childéric. Le chef barbare avait perdu beaucoup de monde devant Orléans. Forcé de continuer sa marche vers la frontière italienne, il traversa la Sologne et le Berry; mais, harcelé en Auvergne par les confédérés et acculé, en quelque sorte, contre les montagnes du pays, il se vit obligé de livrer bataille , et les armées se rencontrèrent près de Mauriac, dans les Champs-Cataloniques, situation qui se rapporterait soit aux plaines bordées par la rivière d'Incamp, l'Auze .et la Maronne, soit encore, et plus probablement, aux plaines d'Anglards, placées entre les rivières de Mars et d'Auze, et traversées par le ruisseau de la Biou. La topographie de ces dernières est entièrement conforme à la description donnée par l'évêque de Ravennes.

La bataille fut terrible. Cent vingt mille hommes y périrent. Théodoric reçut le coup mortel, mais AEtius fut vainqueur.

Les gens du pays montraient, vers le commencement du XVIII° siècle, un endroit appelé Antilacus ou Attilacus cafalocencis, où l'on prétend que se trouvait le camp d'Attila. Le nom de cet endroit viendrait à l'appui de la tradition locale. On remarque aussi, dans la même plaine, une éminence que les deux partis se seraient disputée avant d'engager l'action générale, et que Thorismond et AEtius auraient occupée les premiers. On voyait autrefois une croix de pierre, de forme antique, implantée dans un bloc grossier sur lequel existait une inscription; cette croix portait le nom de Croix de Bataillou ou Rouniade; elle est aujourd'hui située au coin d'un héritage.

Savaron rapporte qu'ayant voyagé dans la Haute-Auvergne et causé avec des hommes du pays fort instruits et très-respectables, il était resté persuadé de la vraisemblance des conjectures qui viennent d'être présentées. Il conclut de ses investigations qu'Attila fut battu dans les plaines du Cantalès, près de Mauriac, et incline surtout pour Anglards, qui est désigné dans des titres très-anciens par le nom de Cataloco.

Il faut espérer que des savants, habiles à pénétrer le cahos historique de ces temps barbares, arriveront à donner plus de consistance et de certitude à une opinion qui grandirait beaucoup l'importance d'Anglards.