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 SEIGNEURIES ET CONSULS

La seigneurie d'Allanche était un fief de la baronnie de Mercœur; elle dépendait de Maillargues, où les comtes de Clermont, barons de Mercœur, avaient un château dont il sera parlé; néanmoins Allanche était compris dans la prévôté de Saint-Flour et ressortit de cette prévôté jusqu'à l'érection du duché de Mercœur. La ville et ses dépendances se régissaient par la coutume. Il a existé une famille d'Allanche, famille très distinguée, qui jouissait de la directe et de beaucoup de rentes. Le plus ancien de ses membres connus est un Bernard d'Allanche, chevalier , qui rendit en 1240 hommage à l'évêque de Clermont, pour le Mas-de-Cotteuge, près de Trizac; Hugues, damoiseau, fit son fief à l'évêque, pour Chavanon et le village de Cézerat, en 1268; Géraud vivait en 1277; Guillaume d'Allanche fut bailly des montagnes de 1281 à 1284; Bernard, fils d'Hugues , épousa en 1282 Angelise de Dienne, fille d'Armand II et de Marguerite de Tournemire. Il était aussi seigneur de Châteauneuf, près de Riom-es-Montagnes. La possession de ce château, qui était sous la garde d'un capitaine, donna lieu à un grand procès entre Bernard d'Allanche et N.-Pierre de Brezons

En 1444, le seigneur dauphin, évêque d'Ally, présenta une supplication au roi de France. Charles VII considérant qu'Allanche est terre bien ancienne, assise aux montagnes d'Auvergne, où il y a bourg, église paroissiale, haute, moyenne et basse justice, hommes de foi, liges, simples et autres ses sujets, avec plusieurs beaux droits, bois et autres choses ; Et pour ce qu'à l'occasion de ce que ce lieu est en bon et fertile pays, et que plusieurs et notables hommes marchands et autres gens de labour ont été, et sont de jour en jour pillés, robés, intéressés et endommagés, par les logis et long séjour que plusieurs hommes de guerre y ont fait; Voulant éviter les pertes et dommages dessus dits; eu égard a la demande de l'évêque d'Ally, autorisa les habitants à fortifier leur ville.

Les habitants d'Allanche ne pouvant, à cause de leur pauvreté, et de la très grande mise nécessaire pour se faire clore de murs défendables contre leurs ennemis, achever leur fortification, s'adressèrent de nouveau à leur seigneur Robert, dauphin, pour obtenir de lui d'autres secours et de nouveaux privilèges. Ce prélat, en 1460, renouvela toutes les concessions déjà faites par lui. Il concéda en outre de faire contribuer, par la meilleure forme et manière possible à ladite fortification, tous les feudataires prenant cens et rentes dans ladite ville, et au mandement de Maillargues; De prendre pour y être employées, les amendes prononcées dans certaines peines; Et enfin le droit de forcer les habitants à bâtir la part et portion de muraille qui leur serait donnée.

Le même seigneur accorda encore à la ville le droit d'élire ses trois consuls portant robes et chaperons plissés de noir et de rouge comme les consuls de Blesle. Les privilèges d'Allanche furent assimilés à ceux de la ville d'Ardes. Il y eut une maison commune dite du Saint-Esprit, des valets de ville, un commandant; enfin fut encore concédée la faculté d'imposer et taxer les marchandises à leur entrée. N. Jean d'Escars se trouvant à Riom-des-Montagnes comme commissaire du roi, en 1461, confirma de nouveau les franchises accordées, ainsi que l'érection d'un marché tous les mardis. L'année suivante 1462, Louis de Bourbon, dauphin d'Auvergne, baron de Mercœur, fit remise à la ville d'Allanche de 40 sols par feu, pour les quatre cas. Gilbert, comte de Montpensier, accorda de nouveaux privilèges aux habitants l'année 1490, et renouvela ceux de 1438. Jacques de Chahannes, maréchal de France eut en 1523 la jouissance de la baronnie de Mercœur qui était sous la main du roi; Allanche et Maillargues en faisaient partie, et en 1525 Louise de Savoie, mère du roi, voulut que Charles de Chahannes, fils de Jacques, succédât aux droits de son père.

Antoine, duc de Calabre, baron de Mercœur, octroya en 1537, aux consuls et habitants, le droit de prendre plusieurs deniers sur les denrées vendues à Allanche, pour être employés aux réparations des fortifications. En considération, est-il dit, que la ville est présentement en grande ruine et démolition, tellement qu'en icelle les habitants ne sont pas en sûreté de leurs personnes et biens, mais sont journellement endommagés des gens de guerre tant de pied que de cheval qui y passent et repassent ordinairement, et ne peuvent s'en défendre à l'occasion que les murailles et portes sont tombées. Le seigneur concéda ces droits pour vingt ans, et renouvela tous les privilèges accordés par Robert, dauphin, évêque d'Ally.

Après le décès du duc de Calabre, les consuls et habitants d'Allanche s'adressèrent à la duchesse de Mercœur, sa veuve, et obtinrent d'elle, en 1608, la confirmation de toutes les concessions et privilèges.

Louis de Bourbon, comte de Montpensier, dauphin d'Auvergne, ayant succédé à la seigneurie de Mercœur, les confirma aussi.

Le même duc de Calabre, comte de Provence et baron de Mercœur, permit aux consuls, en 1537, d'imposer les denrées qui se vendraient en ville, pour subvenir aux frais de construction et de réparation d'une porte et des murs ruinés. En 1644, intervint un traité par lequel la duchesse de Vendôme, baronne de Mercœur, agissant au nom de son mari, maintenait les habitants d'Allanche dans certains droits. Cette concession leur coûta 3,600 livres. Cette même année la duchesse leur accorda trois foires en outre des deux qui étaient établies déjà; enfin un nouveau traité eut lieu avec le comte du Chayladès, en 1741, soit au sujet du foiral, soit au sujet des communaux, de la fontaine publique, d'une porte de l'église, etc.

L'année 1564, il y eut à Allanche une convocation particulière à l'effet de députer à l'Assemblée qui délibérait sur les affaires du comte d'Armagnac. Lors des guerres de religion, la ville fut souvent menacée par les huguenots. Ceux-ci l'assiégèrent en 1582, et après avoir comblé les fossés tentèrent l'assaut. Mais ils furent repoussés avec perte par Gabriel de Gould, premier consul, qui, à la tête d'une  troupe de bourgeois, fit une sortie et contraignit l'ennemi à lever le siége. Le roi instruit de ce fait d'armes, ennoblit le consul ainsi que ses descendants; il était fils de Jean de Gould et d'IIélis Chaumeil ; on parlera plus bas de cette famille.

En 1625, César, duc de Vendôme, de Penthièvre et de Mercœur, reçut une supplique des consuls, manants et habitants d'Allanche, pour qu'il voulût bien confirmer les privilèges et immunités accordés par ses prédécesseurs. Cet acte résumant toutes les concessions faites aux diverses époques, nous allons le donner en substance..

Ce titre existe aux archives de la mairie, comme ceux qu'il rappelle. Il analyse:

Les concessions de Robert, dauphin, de 1450, lesquelles sont relatives aux fortifications , au droit d'élire trois consuls portant, si bon leur semblait, robes et chaperons plissés de noir et de rouge, comme ceux de la ville de Blesle, et pouvant avoir un bourlet (valet) habillé de vert et de bleu, pour les servir aux affaires, du consulat, mander les habitants de venir aux assemblées; leur obéir en toutes choses licites et honnêtes; faire les cris du vin et autres accoutumés à faire aux bonnes villes; et officiera ledit bourlet, comme le bourlet des consuls de la ville d'Ardes.

Lesquels consuls imposeront les tailles tant pour les fortifications que autres qui surviendront; Auront entre les mains les clefs des portes, auront la garde de la ville, et exerceront l'office de capitaine, à la seule condition d'en remettre les clefs quand ils en seront requis par le seigneur. Donnons l'autorisation de prendre sans coust ni danger de nous ni d'autres , les pierres de murailles pour le bien des fortifications ; Ordonnons de faire venir toutes les fois que sera nécessaire tous les charrois et manœuvres du lieu et mandement, feux et ressort de Maillargues, pour faire ladite clôture, ainsi qu'ils seraient tenus de faire à nous jusqu'à quatre ans; Et voulons que ces dits consuls soient libres, aussi pendant quatre ans pour imposer chacune année en suivant sur les taverniers et autres qui vendront du vin en ladite ville , par deux sommées ou muids de vin cinq sols tournoys de monnoye courante : et sur septier de blé vendu douze deniers; et sur un quintal de fromage deux sols six deniers; et sur un quintal de fer deux sols six deniers; et sur un quintal d'olye (huile) deux sols six deniers; et sur quarte de sel trois deniers.

Et attendu que le marché de ladite ville de toute ancienneté était accoutumé se tenir le mardy , avons donné et octroyé qu'ils fissent derechef le marché le mardi chacune semaine, lequel marché voulons qu'il soit privilégié ainsi que s'ensuit, et premièrement que nul de quelque condition qu'il soit, pour quelque dette que ce soit, ne soit arrêté, gagé, ajourné , ni autrement détourné ledit jour en allant ou venant au marché, sinon que ce soit pour le fait du roi, ou le nôtre, et au cas où celui qui serait tenu ne serait y venir demeurer, à cens raisonnable.

Enfin César de Vendôme renouvela ces concessions en 1635, il en modifia seulement l'article relatif au capitaine de la ville. Afin, dit-il, de pourvoir un règlement ferme et stable qui maintienne les consuls et habitants en bonne intelligence avec le capitaine de la place de Maillargues , et chacun en son devoir, nous, interprétant le second article du privilège du seigneur dauphin de 1437, voulons qu'il n'y ait aucun capitaine en ladite ville, qu’en temps de guerre ou autre occasion que nous croirons nécessaire au bien et service du roi, en la ville et le pays, nous réservant alors d'y en mettre un pour commander tant que la nécessité durera.

En 1640 le duc de Vendôme vint en Auvergne au mois d'août. Il se fit exposer les droits qu'il possédait dans le duché de Mercœur , et s'étant rendu à Allanche , il fit sommer les consuls de la ville de lui représenter les pouvoirs en vertu desquels ils exigeaient, à l'entrée des marchands dans icelle, des droits de corretage (courtage) et s'appropriaient les deniers qui en provenaient, à leur usage et profit particulier, à la perte et préjudice de ses droits; attendu qu'il avait reçu ledit duché avec toutes sortes de droits , et pour exprès celui de corretage. César fit donc demander la production du titre particulier qui justifiait cette usurpation; il demandait encore la production du pouvoir en vertu duquel les consuls avaient fait et créé un capitaine pour commander aux habitants, et avoir les clefs des portes, toutes choses portant atteinte à ses droits, attendu que la disposition des officiers appartenait directement au seigneur.

Les consuls répondaient, que pour la disposition de leurs privilèges, dont il. y a si longtemps qu'il n'est mémoire de contraire, les feux seigneurs de Mercœur, pour la clôture de leur ville et l'entretien des murailles, leur avaient accordé le droit de corretage, duquel ils ont joui depuis sans aucun contredit, ainsi qu'il est énoncé particulièrement dans leurs lettres de privilèges confirmées par ledit seigneur réclamant lui-même , lesquelles ont été soustraites et enlevées par certains mauvais habitants de la ville, protestants de les représenter après les avoir recouvertes.

Que c'était en vertu des mêmes privilèges que les consuls ont créé les capitaines, craignant des attaques dont toute la province était menacée. Ils proposèrent sous le bon plaisir du seigneur duc, d'élire un capitaine d'expérience requise pour la conservation de la ville.

Le duc de Vendôme prit cette réponse pour un trouble de ses droits et devoirs; leur dénia formellement lesdites concessions, et protesta de recouvrer sur eux la levée des droits de courtage, ensemble leurs dépens, dommages et intérêts, et se pourvût tant civilement que criminellement.

Ces différents furent terminés en 1641 par l'entremise de César Chapellan, sieur du Parteau, intendant des maisons, affaires et hôtel du duc de Vendôme, comme mandataire et au nom de très haute et très illustre princesse madame Françoise de Lorraine, épouse procuratrice générale de monseigneur le duc de Vendôme, d'une part ; et noble Blaize Béral, conseiller du roi élu en l'élection de la Haute Auvergne à St-Flour comme procureur des consuls et autres habitants de la ville. Le duc se désista de toutes les poursuites, procédures criminelles et civiles faites contre les habitants et à l'encontre des sieurs Dembort, Feydit et La Revel, les principaux d'entre eux, moyennant la somme de trois mille six cents livres tournois, et confirma tous et chacun des privilèges antérieurement concédés.

Les consuls avaient aussi obtenu en 1460 la police, surveillance et arrangement des marchandises et vivres dans les foires et marchés, et le droit, de faire taxer immédiatement, par les officiers ordinaires du seigneur, les vivres et denrées lorsqu'ils ne leur paraissaient pas à prix raisonnable. Ils avaient aussi obtenu à la même époque, que les habitants du mandement d'Albughoux seraient tenus de porter leurs denrées aux marchés d'Allanche sous peine de soixante sols d'amende pour ceux qui iraient les vendre ailleurs.

Une assemblée de la noblesse de la Haute Auvergne se tint en 1588 à Allanche, afin d'envoyer deux députés aux états de Mois. Elle fut présidée par François de Dienne, bailly des montagnes, conseiller du roi et de la reine Isabelle, douairière de France. Voici les noms de quelques-uns des gentilshommes qui s'y trouvèrent: Charles de Brezons, Pierre d'Anjony ; Pantaléon-Robert de Lignerac, seigneur du Cambon; Tristan de Brezons, seigneur de Massebeau ; Jean de La Roque, François de Caissac, Pierre de La Volpilhère, seigneur du Faydit; François de Nozières, N. de La Vaissière, seigneur de Valance; Louis du Jarrousset; Jean. d'Apchier; Antoine de Dienne, seigneur de Chavaniac; Maurice de Chalus, seigneur du Monteil ; Antoine de Soursac; Guillaume de Chazelles, seigneur d'OEillet; Gabriel de Gould, seigneur de Marmièsse; Jacques de Gould, seigneur d'Embort ; François d'Auzolles, etc.

Une nouvelle assemblée de la noblesse se réunit encore à Allanche l'année 1595, et la ville supporta une dépense de 600 livres. En cette occasion les délibérations durèrent trois jours; parmi les gentilshommes présents à cette assemblée, l'on remarque : le comte d'Auvergne, gouverneur de la province pour le roi; le comte de Missilhac son lieutenant; le compte d'Apchier, le marquis d'Apchon, N. Robert de Lignerac, M. N. de La Salle , Messires de Nadailhac , de Bouchat, de Massebeau, de Neyrebrousse, de Tribouilhou, du Sailhans , de Charotier, d'Arbouse, le seigneur du Cambon, le seigneur de Caissac, Dubois de St-Etienne, le seigneur de Douhet, le seigneur de Beauclair, de La Voute; les seigneurs de La Roque, de La Roche, de Croisille, etc.

La contagion fit des ravages dans la ville en 1588 et 1631 ; on prit beaucoup de précautions pour empêcher le fléau de s'étendre ; Maillargues fut dépeuplé et défense fut faite de tenir la foire à Murat. L'année 1639, de grands débats s'élevèrent entre les consuls qui étaient alors les seigneurs du Faydit et Dufour, et les capitaines des trois compagnies établies en garnison à Allanche et qui restèrent vingt jours dans cette ville; elles appartenaient au régiment d'Humières et avaient pour commandants Alexandre de Caissac, lieutenant-colonel, les sieurs de Reilhac et d'Anjony (Guillaume), et le seigneur de Chaliers; la ville ne voulut pas leur rembourser leurs dépenses, malgré l'ordre qui en avait été donné par le comte de Polignac. Le Gouvernement finit par prendre tous les frais à sa charge.