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AYRENS DANS LES ANNEES 40

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Situation

La commune d' AYRENS à 15 km d’AURILLAC s’étend sur 25 kilomètres carrés environ à une altitude moyenne de 700 mètres. Elle fait partie du canton de LAROQUEBROU dont le chef-lieu est distant de 12 km. Elle est bordée par les communes de SAINT-ILLIDE au Nord, au Sud par celles de SAINT-PAUL -DES LANDES et de TEISSIERES-DE CORNET à l'est par celles de JUSSAC et de SAINT-CERNIN et à l'Ouest par celle de SAINT-VICTOR.

Elle confine au Sud-est au bassin sédimentaire d'AURILLAC, mais la majeure partie de son étendue est formée de collines et de plateaux primitifs granitiques et schisteux, couverts souvent de landes et de bois et entaillés de profondes ravines où coule une petite rivière poissonneuse affluent de la SOU¬LANE. Deux ruisseaux de moindre importance , celui d' AYRENS et celui de COLIN serpentent dans de frais vallons, Le climat largement ouvert aux vents d'Ouest, est marqué par la proximité des monts du CANTAL dont les sommets se dressent à 20 km à vol d'oiseau vers l'est.

Les hivers y sont longs avec de fréquentes chutes de neige et de fortes gelées; les printemps frais et humides sont tardifs les étés chauds et orageux, les automnes ensoleillés.¬ Histoire

L'histoire est très discrète sur les évènements dont la commune a été le témoin au cours des âges. Quelques vestiges du passé demeurent cependant et nous permettent de l'imaginer.

Les débris d'un dolmen (encore intact au siècle dernier, sont encore visibles près du ruisseau de Colin. Menhirs et dolmen, existent encore dans les communes voisines, notamment à Peyrelevade (SAINT-PAUL DES LANDES).Les bois du village du Mont contiennent des pierres tumulaires. (DE RIBIER)

Le nom même d’ AYRENS que l'on trouve écrit AIREN ou EYREN dans des documents anciens, et qui se prononce en dialecte OIRÎ parait être d’origine celtique. Le nom de deux villages, SELVES et SAGNES, évoquent les forêts et les marécages qui couvraient alors la plus grande partie de la région.

Du passage des Romains rien ne subsiste sur le territoire de la commune. Evitèrent-ils la profondeur des forêts? En tous cas leurs voies de communications, pourtant nombreuses dans notre département, les contournèrent.

Les documents anciens mentionnent de nombreux châteaux dont il ne reste aujourd'hui presque rien. Celui d’ AYRENS relevait de la puissante abbaye d'AURILLAC et il est nommé dans divers textes. Il devait être de quelque importance car SAINT-GERAUD, fondateur de l'abbaye d'AURILLAC (855-909)/ le cite et le met au même rang que ceux d'AURILLAC et de NAUCELLES dont les donjons ont défié les siècles. Les villages d' ANGOUSTE et de BOUTONNET celui de SELVES avaient aussi leur château dont les familles étaient alliées aux féodaux les plus célèbres de la région.

Les ruines du château de CLAVIERS, détruit par un incendie vers 1930, ont encore fière allure au milieu d'un parc aux imposantes frondaisons intactes. Il dépendait lui aussi de l’abbaye d'AURILLAC

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Est-il interdit de rêver en contemplant ses pans de murs calcinés que les célèbres troubadours d'AURILLAC (le MOINE de MONTAUDON ASTORG d’AURILLAC), et le tout voisin FAYDIT du BAILESTAT, y ont déclamé jadis leurs « cansons » et leurs « sirventés » ?

Le passé de cette forteresse évoque aussi tous les bouleversements et calamités qui ont au cours des siècles, affligé la commune.

Dévastée par les routiers au 15° siècle, occupée par les protestants durant les guerres religieuses, elle connut les convulsions de la Révolution et fut alors pillée. Somptueusement restaurée, elle était au début du siècle dernier la riche demeure du célèbre félibre, le duc de LA SALLE DE ROCHEMAURE.

Au milieu du bourg, l'église, dont la construction primitive monte au 11° ou XII° siècle,a été elle aussi détruite au cours des guerres de religions. Lors de sa dernière restauration en I830, des sarcophages très anciens, en tuf rougeâtre, contenant des restes humains furent mis à jour.

Le monument aux morts, érigé sur la place de l'église témoigne du lourd tribut payé par la commune aux conflits du 20° siècle (41 noms pour la guerre de 14-18).

AYRENS, ainsi a participé au cours des temps, humblement, anonymement sans que l'histoire ait retenu l'éclat de faits marquants ou d'hommes illustres.

Cependant l'on sait que le cardinal de la JUGIE après avoir fait restaurer en 1289 le château d’ ANGOUSTE y habita longtemps. Le géographe Jean-Léon SANIS naquit à AYRENS en I804. Premier constructeur des cartes en relief il fut professeur au lycée LOUIS-LE-GRAND à PARIS

La vie à Ayrens avant la dernière guerre

L'absence de routes carrossables a longtemps rendu difficiles les communications tant à l’extérieur qu'à l'intérieur de la commune. Peu à peu cependant des chemins d'intérêt local, puis des routes ont relié le bourg et les villages du Sud-est de la commune à la National 120 AURILLAC TOULOUSEI puis à la gare de NIEUDAN après la construction de la voie ferrée AURILLAC-PARIS par MAURIAC et BORT à la fin du 19ème siècle; mais les villages de l’ouest (SELVES, SAGNES, CIELS, RENAC, LACOSTES BONNEFONT) sont longtemps restés totalement enclavés et inaccessibles à l'automobile. Les voitures à cheval même ne pouvaient circuler à la mauvaise saison quand les chemins étaient transformés en bourbiers. Les cercueils étaient alors transportés vers le bourg sur des chars à boeufs.

L'électricité apparaît dans la commune en 1925. C’est aussi l’époque de la première adduction d’eau potable au bourg.

AURIILAC avec ses grandes foires, ses marchés, ses magasins a longtemps été le seul pôle d'attraction pour les communes environnantes. De tous les villages d’ AYRENS on allait y vendre ou y acheter aux grandes foires de printemps ou d'automne les bêtes d’élevage. Aux marchés du samedi on y apportait le fromage, le beurre, les volailles, les œufs. Fermiers et fermières en profitaient pour faire leurs emplettes. Dans les années 40, les trajets s'effectuaient encore à pied, derrière les bêtes que l'on poussait à coupe d’aiguillon, parfois en char ou en charrette, quand on devait porter des charges trop lourdes. Mais même lorsque en 1925 un autobus brinquebalant aux ornières des chemins fit deux fois par semaine le trajet AYRENS-AURILLAC, il arrivait que des femmes, un panier sous chaque bras, accomplissaient l'aller et retour à pied par économie.

La grande foire de la SAIN-URBAIN, le 25 mai, était doublée d’une fête foraine qui attirait par milliers les habitants des alentours dont pour beaucoup c'était la seule sortie annuelle. C’est à cette occasion aussi que s’effectuait la loue des "bouvier d'été". Ils venaient pour la fauchaison et la moisson de la "châtaigneraie" toute proche ou du Quercy. C'est également à AURILLAC que venaient poursuivre leurs études les fils des familles les plus favorisées. Mais c’était là l'exception, les plus nombreux étaient dès l’âge de 10 ou 11 ans loués comme bergers ou travaillaient dans l'exploitation familiale. La vie était dure surtout dans la région schisteuse ou le sol est peu fertile.

Au I9° siècle on note une émigration saisonnière après les grands travaux vers BORDEAUX. Les habitants d’ AYRENS y exerçaient de préférence la profession de chaudronnier ; la belle saison les voyait revenir au pays. Après la première guerre mondiale, c’est vers PARIS qu'ils s'expatrient nombreux : on les retrouve "bougnats", chauffeurs de taxi. Ils revenaient au pays pour y finir leurs jours.

Cette vie paysanne, presque immuable depuis des siècles est aujourd'hui en pleine évolution.

Comme toutes les communes rurales du CANTAL, AYRENS a vu sa population décroître fortement: 1176 habitants en 1831, 444 en 1976, 570 en I982, 494, 545 en 1990 et 545 en 1999. La construction d'un lotissement au bourg, ¬dont les habitants vont travailler à AURILLAC, explique cette relative remontée.

Les nombreuses petites exploitations agricoles familiales qui dans les années 1940 vivaient presque en autarcie sur une terre souvent ingrate ont à peu près toutes disparu. En 1980 Il n'en subsistait que 37, les plus importantes. Elles ont abandonné presque complètement la culture pour se consacrer à l’élevage des bovins. Production du lait et vente des jeunes animaux. La quasi disparition des terres cultivées (qui occupaient en 1914 le tiers de la commune) et de nombreux; défrichements, ont doublé la surface en prés et pâturages. L’emploi d’engrais chimiques s’est considérablement développé ainsi que l'utilisation d'un amendement calcaire la marne extraite d'une carrière voisine.

Cependant les landes et les bois (bouleaux hêtres, chênes) couvrent encore d'importantes étendues sur la partie la plus pauvre, la plus accidentée, la moins peuplée aussi¬.

Les moulins à eau en ruines (celui de SELVES paraissait être, dans les années 1980 le seul en état de fonctionner) et de nombreux fours dans tous les villages, témoignent d'un passé récent : chaque ferme cultivait alors ses céréales (seigle et blé noir surtout) et fabriquait son pain et les galettes de blé noir, les "bouriols". Les vergers, les ruchers, les châtaigneraies qui assuraient un complément indispensable de nourriture, ne sont plus guère entretenus et sont en voie de disparaître. Quand aux chènevières leur souvenir n'est attesté que par le nom de certaines parcelles sur le plan cadastral.

A la ferme, les outils de naguère faux et faucilles, ne sont plus souvent utilisés. Parfois même ils sont relégués au grenier comme les fléaux les rouets et les quenouilles, ou dans un coin du hangar (jougs, araires, chars à foin). Ils sont devenus des objets recherchés par les brocanteurs et collectionneurs.

Partout les bottes en caoutchouc ont remplacé galoches et sabots de bois et les coiffes de nos grand-mères n'apparaissent plus que dans les fêtes folkloriques. Le fromage et le beurre ne se fabriquent plus à la ferme mais à la laiterie coopérative voisine qui se charge du ramassage du lait.

Les derniers toits de chaume ne couvrent plus que des ruines abandonnées. Les vieux métiers (charron, forgeron, meuniers, couturières à domicile n'existent plus dans la commune. Il ne restait plus en 1980 qu'un artisan couvreur et quelques commerçants. Le bureau de postes a été supprimé deux classes primaires subsistent seulement sur les quatre qui fonctionnaient dans les années 40.

Les jeunes sont de moins en moins attirés par l'agriculture où il n’y a aucun avenir pour ceux qui ne possèdent pas une exploitation. Ils continuent leurs études à AURILLAC et y chercheront plus tard du travail.

Jusqu'au début du siècle les traditions et les superstitions ancestrales ont été vivantes. Des chouettes (oiseaux de mauvais augure) étaient crucifiées vivantes aux portes des granges. On dansait au son de la cabrette et en sabots dans la cour d'une ferme avec tout le village assemblé.

Lors des longues veillées d'hiver toute les habitants du hameau se réunissaient autour d'un grand feu de cheminée, les femmes filant la quenouille ou rapiéçaient quelque habit, les hommes tressant des paniers à la lueur des flammes. Tous, silencieux écoutaient les histoires effrayantes d'un "jeteur de sort", de la "chasse volante", ou de la bête "faramine".

Le parler du conteur était celui de tous les jours, le patois interdit alors par l'instituteur aux écoliers, mais qui redevenait leur seul langage une fois le seuil de l'école franchi. Aujourd'hui les jeunes générations s'expriment le plus souvent en français ou `francisent" de nombreuses expressions patoises. En revanche leur français s'émaille "d'occitanismes' quand il faut désigner un outil ou préciser une action de la vie rurale. Mais dans les villages, et tout particulièrement dans le secteur de la commune le plus pauvre et le plus récemment désenclavé, le parler dialectal est encore bien vivant. Il reste même le langage habituel des personnes âgées du moins dans leurs rapports entre elles.

Ce dialecte, celui de la région d’AURILLAC, l’Aurillacois, est celui qu'utilisa le célèbre poète cantalien ARSENE VERMENOUZE qui vivait d'ailleurs à quelques kilomètres d' AYRENS, A VIEILLES d' YTRAC (I850-I9IO)