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Aurillac un peu d'histoire

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Photographie aérienne du quartier nord où l'on distingue nettement le traçé de l'enceinte primitive.

 

L’origine d'Aurillac (Aureliacum = villa d'Aurelius) remonte à l'époque gallo-romaine, ce dont atteste le fanum polygonal d'Aron construit au Ier siècle et découvert en 1977 à Lescudillier. On peut penser qu'à l'époque gauloise, le site primitif de la cité était sur les hauteurs qui dominent la ville à Saint-Jean-de-Dône ("Dône" = dunum) et que, comme la plupart des oppida, il a été abandonné après la conquête romaine au profit d'une ville nouvelle établie dans la plaine. Avec le retour de l'insécurité du Bas-Empire, on assiste au mouvement de castramérisation : un nouveau site fortifié est établi à mi-pente entre l'ancien oppidum et l'ancienne ville gallo-romaine, là où se trouve aujourd'hui le château Saint-Étienne.


L'histoire de la ville n'est réellement connue qu'à partir de 856, année de naissance du Comte Géraud, au château dont son père, nommé aussi Géraud, était le seigneur. Vers 885, celui-ci fonde une abbaye bénédictine qui portera plus tard son nom, autour de laquelle la ville se formera. La tradition populaire l’a surnommé le Bon Comte, tellement il fit figure de justice et de bonté en ce siècle de fer. Le vieux donjon de Saint-Etienne, construit au XIIIe siècle sur l'emplacement de son château, domine la ville.


La ville s’est constituée sur un territoire de sauveté qui est situé entre quatre croix (dont une est encore visible en haut du puy courny) et qui a été fondé en 898 par Géraud peu après l'abbaye. De forme circulaire, la première unité urbaine s'est formée à proximité immédiate de l’abbaye d'Aurillac. Géraud meurt vers 910 mais son rayonnement est tel dans la population d'Aurillac et des environs qu’au fil des siècles et encore de nos jours, Géraud est un prénom de baptême répandu. L'abbaye hérita de ses nombreux domaines qui s'étendaient très loin, jusque sur les Alpes et jusqu'en Espagne. Elle voyait en même temps une agglomération se former autour d'elle.


Elle eut la gloire de former Gerbert, devenu le pape Sylvestre II, grand érudit, ayant étudié en Espagne, alors à moitié musulmane, dont le roi Robert II fut un élève.


Enrichis par le commerce et l'industrie, pelleterie, tannerie, tissage, nos ancêtres ont désormais leurs intérêts collectifs à garantir et la défense de leur ville à assurer. C’est au treizième siècle que l'on commence à bien connaître les coutumes municipales grâce à un conflit entre les consuls et les abbés. La lutte devait durer plus d'un siècle pour se terminer en 1.280 et 1298 par les Paix d'Aurillac, véritables traités conclus entre les deux puissances, la Ville et l'Abbaye, sous l'arbitrage ou par l'intermédiaire des officiers du Roi. Ces accords sont comme la charte de commune d'Aurillac. Ils seront à la base de notre organisation municipale pendant plus de trois siècles du XII° au XV° siècle.


L'abbé garda son entier pouvoir de juridiction. Ses officiers continuèrent à rendre la justice en son nom. Mais la ville put s'administrer en toute indépendance, gérer ses finances, se défendre librement. Aurillac avait déjà atteint les limites qu'elle gardera jusqu'au milieu du XIX° siècle.


Dès le XIIIe siècle, elle se ceintura de remparts et se verrouilla derrière ses six portes : porte Saint-Etienne, porte du Buis, porte des Fargues, porte Saint-Marcel, porte des Cabrols ou des Frères, porte d'Aurinques. La dernière tranche, comme on dirait aujourd'hui, du mur de ville, de la porte Saint-Etienne à la porte du Buis et de là, le long de la rivière jusqu'à la porte des Fargues, ne fut construite qu'au milieu du XIV° siècle. Aux XIIIe et XIVe siècles, Aurillac soutient plusieurs sièges contre les Anglais et au seizième siècle, continue à subir les guerres civiles et religieuses.


Jusque là, la ville n'était couverte de ce côté que par un fossé. Hors les remparts, au faubourg (les Carmes, s'établirent à la même époque les couvents des Carmes (aujourd'hui lycée de Jeunes Filles) et des Cordeliers (presbytère église de Notre-Darne aux Neiges). C'est à l'abri de ces murailles qu'Aurillac put passer assez tranquillement, mais toujours en éveil, la terrible guerre de Cent Ans, l'Anglais tenait les châteaux voisins. Les bourgeois prirent une large part à la défense du pays comme à la délivrance des forteresses féodales voisines.


La ville composait alors son conseil suivant un mode d'élection, très curieux de représentation corporative, qui marque bien déjà l'importance de sa population commerçante et de ses gens de métiers. De temps immémorial, deux foires d'automne, au 14 octobre au 13 décembre, pour la Saint-Géraud et la Sainte-Luce, se tenaient à Aurillac. Dès la fin du XIII° siècle, d'un commun accord avec l'abbé les Consuls décidèrent la création de la grande foire de printemps la Saint-Urbain (25 mai), qui n'a rien perdu de son importance.


Aux XIII° , XIV° et XV° siècles, comme dans le haut Moyen-âge, Aurillac a joué le rôle que lui assignait sa situation géographique au centre du pays des montagnes, à la lisière des terres volcaniques. Alors que l'abbaye était en pleine décadence et allait être sécularisée (1561), que le Consulat souffrait des premières atteintes portées à son indépendance par le pouvoir royal, deux nouvelles foires furent créées, une foire d'hiver « la foire grasse » avant le Carême, une foire d'été le 7 août.


Cependant Aurillac allait traverser de terribles années et devait supporter pendant plus d'un quart de siècle le poids de violentes luttes. En 1561 et 1562, le sire de Brezons an nom du roi vint par deux fois réprimer les menées protestantes et leurs fauteurs. En 1569, les protestants à leur tour s'emparent de la ville par surprise, suite à une trahison et lui imposent pendant treize mois un régime de terreur et de dévastation. A la nouvelle de la Saint-Barthélemy, les catholiques prennent leur revanche en égorgeant leurs adversaires dans les salles basses de l'hôtel Malras (aujourd'hui école de la rue de Lacoste n° 20).


Puis on continue à se tenir sur ses gardes, on arme, on répare les remparts Dans la nuit du 4 au 5 août 1581, les religionnaires venus de Mur de Barrez, tentent encore une fois de se rendre maîtres d'Aurillac. Mais la ville est sauvée par le courage unanime de ses habitants, par l'héroïque et glorieuse conduite de Guy de Veyre, premier consul. La liste des morts tombés pour sa défense s'établit ainsi : deux bourgeois un notaire, un tanneur, un avocat, un cordonnier, un forgeron. Toutes les classes s'étaient confondues dans sa défense. L'état d'alarme devait durer dix ans encore. A la paix, Henri prescrivit en 1606 une dernière réfection des remparts. On veilla encore à leur entretien en 1617. Mais le rôle militaire d'Aurillac est fini.


C'est aux XII° et XIII° siècles qu'Aurillac a surtout pris son essor économique. Aussi, ne reste-t-il que peu de traces dans ses rues des siècles antérieurs.


Avant la Révolution, Aurillac abrite un présidial et porte le titre de capitale de la Haute-Auvergne. En 1790 à la création des départements, après une période d'alternance avec Saint-Flour, Aurillac devient définitivement le chef-lieu du Cantal.


C’est l'arrivée de la voie ferrée, en 1866, qui accélère le développement de la cité. Au premier recensement, en 1759, Aurillac comptait 6 268 habitants, elle en compte aujourd'hui plus de 30 000. Ville de foires et de marchés, Aurillac est toujours un lieu d’échanges et de commerce, une cité qui fait de l’accueil une priorité.