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Catherine Sevestre

Catherine est née et à vécu une partie de sa vie à Arpajon sur Cère. Elle est membre de la Société des Poètes français créée par José-Maria de Hérédia et Sully Prudhomme.

* * * 

«Toi l’ Auvergnat qui , sans façon …»   (1)


Les rallonges s’étirent  :  table,  soupe,  fromages
Sourires …  de la ferme …pour  un,  pour  deux, pour trois  …
Pour Citadins qui passent, qui ont faim, qui ont froid,
Qui  n‘ont rien : c’est la guerre (2): La restriction fait rage.
Presqu’autant qu’à Paris ...

Orge grillée (3), bourriol, (4) ou savons fabriqués,
On en met de côté  pour  ces «mendiants»  qui  passent.
Dans leurs poches vidées, la guerre a fait main basse.
Nous, avec  de la terre, du  labeur, des idées,
On vit mieux qu’à Paris !

Sans oublier les villes (5) …,  qui furent nourricières,
Comme la capitale où nous avons gagné
L’argent, compté, en vue d’un unique projet :
Revenir   "au  Pays"   mériter  de  la  terre
Et plus d’air qu’à Paris.

Alors : point  de  folies ! Juste le nécessaire :
Épargne , prévoyance … car «1 sou c’est 1 sou».
Soupçonnait-on qu’un jour (6) «un chou serait  un chou» ? (7)
Surtout  pour le Titi réfugié vers la Cère
Bien loin de son Paris ?

Aujourd‘hui (9) plus qu’hier, il faut doper l’entr‘aide
Indigne société de consommation !
Qui accroît les «trop-plus» et les privations !…(8)        
Prévoyance ?! Partage ?! ... Bougnat, porte ton aide …
…Aux élus de Paris !

(1) G.Brassens: « Toi l’Auvergnat , qui , sans façon…m’a donné… quand dans ma vie,  il faisait faim..»
(2)  39-45
(3)  Production de la ferme qui remplaçait le café.
(4)  Sorte de crêpe qui remplaçait le pain.
(5)  Paris  et  , par extension  , toutes les villes qui concentrent l’Activité.
(6)  l’Exode pendant la guerre de 39-45 .
(7)  Le sens propre répond à la dérision.
( 8)  Les Riches encore plus riches et les Pauvres  plus pauvres.
( 9 ) 2008.

* * *

«Bougnat» au charbon


Poches vides, Cœurs pleins, ils «montaient» à Paris.
Comme tous émigrants happés par les  lumières
D’un éden prolifique. ils faisaient le pari
D’exploiter un filon vers une vie princière.


… Et voici que  «filon»  rimait  avec … «charbon» !
Qu’importent sacs  trop lourds  et visages de suie !
Les dos hurlaient «j’ai mal !» et  les têtes : «avançons  !»
Ils réchauffaient Paris qui échauffait leur vie .


« Livrons,  livrons  encore, observons et comptons,
Décomptons, escomptons, créons … notre  entreprise»
Bientôt, sur le fronton : «Une enseigne à mon nom !»


Combien de temps  encore  pour faire la surprise
Aux parents «cantalous», d’1 peu  de «revenance» ?
Oh! .. mériter près d’eux, la maison de vacances 

* * *

Les "Intellos"

Ces chercheurs qui s’enfuient, ces cerveaux qui s’envolent,

Loin de notre pays, vers d’autres métropoles,

On les pleure ceux-là, comme une hémorragie

De savoir, de prestige, de progrès, d’énergie.


Mais les cerveaux nantis de trop de privilèges

En pleine formation sur les bancs du Collège

Unique. Ces «Intellos» : modèles démodés,

Censés être solides face à qui veut fronder ;


Eux dont on dit : «Ils n’ont pas besoin de tuteur»

Et libèrent du temps pour les agitateurs ;

Extrait de "Sous les chênes"

Eux qui ne seront pas délégués de la classe

Car ils ne font pas rire et manquent trop d’audace ;


Eux qui dans la lenteur ou le chahut s’ennuient

Et ne reçoivent pas ce qui nous fut transmis ;

Eux qui, pendant les cours, n’osent lever le doigt

Et cherchent, en secret, le savoir qu’on leur doit ;


On les livre, ceux-là, à qui voit dans l’Ecole

Une Obligation à …casser comme un licol.

Autorité sapée ou «prof peu lumineux»

Ces «Intellos» cachés (ssés) on les pleure très peu.

Extrait de "Sous les chênes"

* * *

  Chaud-Froid

La Terre qui s’est réchauffée,

Le glacier qui s’est fendillé,

L’eau douce qui s’est échappée,

L’Océan qui l’a absorbée,

Le sel qui s’est dilué,

La densité qui a chuté,

Les courants qui sont perturbés,

Le Gulfstream qui s’est arrêté….

Et les Français en cache-nez

En été ......................

A moins que .................

( A nous d' écrire la suite avec des actes )

Extrait de "Sous les chênes"

* * *

  Le thoraco (1)

Clin d'oeil à Arlette

Gênés dans le peignoir ,

Gêneurs dans le couloir !

Candidats au concours Lépine,

Ayez pitié des «Thoracos», (2)

De tous leurs soignants qui s’échinent

Jusqu’à en avoir «  plein le dos  ».


Déplacements ?

Oui mais comment ?


Les encadrer de trois motards,

Les précéder de «giro-phares»

Serait trop lourd pour le budget ;

Il faut un plus sage projet :

Sur un velcro, à l’avant -bras,

(Celui qui précède d’un pas)

En lettres fluo clignotantes,

Une invective percutante

Style : «Convoi exceptionnel»

Ou « Laissez passer les hirondel's».

Ajoutez un signal sonor’,

Vous en localisez le support.

(Pas de clochette de lépreux ;

Car ils ne sont pas dangereux).


Et maintenant ,

L’habillement !


Les baskets ? c’est solutionné !

(Que de bon sens chez les kinés !)

Mais côté opéré, la manche

Comme l’élastiqu’ sur la hanche,

Ont besoin de quelque secours,

Le bras valide étant trop court:

Donc sur tige télescopique

A chaque bout : aimant et pique

Ou mieux : une main de Fatma

Pour remonter le pyjama.

En ce qui concerne l’aimant,

Il faut prévoir son complément:

Pin’s à fixer sur manche vide

Pour ménager les deltoïdes….

Elaborez donc la technique

De cette baguette magique.


(1) C’est une prothèse qui, à partir d’une fixation sur le thorax , maintient un bras semi-plié à l’horizontale , le temps de la cicatrisation des tendons , après opération de la coiffe.

2) Porteur de thoraco.

 * * *

Fleur de Salers

catherine1

Vigueur et majesté dans sa robe acajou ;

A la bouche des fleurs rayonnant sur les joues ;

Regard mystérieux où la bonté flamboie ;

Cornes montées en lyre : couronne d’autrefois .

Elle cueille, rumine , en haut de sa planète;

Elle mêle , retient les sucs de la Planèze :

Effluves des Volcans. Dans les siècles derniers,

Quand la viande, à Paris, parvenait sur ses pieds,

Quand les races moins nobles une à une crevaient

Sur des chemins trop longs ; en Reine Elle arrivait

Offrant sur les palais, son parfum le plus cher :

Une chair imprégnée des saveurs de Salers.

Dans la panse : des fleurs distillées jusqu’au lait ;

Le train l’a détrônée ; le lait prend le relais : (1)

Dans la fourme il s’exporte, par la terre ou par l’air ;

Les fleurs dans le Salers, la fleur (2) sur le Salers.

Extrait de "Sous les chênes"

(1) ou " la chair fait place au lait"

(2)Fleur : Poudre blanche , veloutée , qui se développe, sur la croûte , pendant l'affinage.

* * *

La Gentiane Reluit

catherine2


" ... D'Or ... comme la gentiane ... J'avais fait le pari

De revenir en Reine, reconnue à Paris.

Si je fus le jouet des moyens de transport,

Justice m'est rendue : J'ai ma médaille d'Or.


Mes cornes me couronnent et la gentiane luit :

Pépites émaillant nos Dômes et nos Puys :

Pépites concentrées, avec quelqu'autre fleur,

Dans ma chair et mon lait comme dans la liqueur ;


La gentiane re-luit dans ma médaille d'Or.

Le fumet des Volcans, exhaussé par moi-même,

Ils l'ont optimisé : la preuve qu'ils nous aiment :


Elle est faite d'amour notre médaille d'Or !

Bravo à leur (1) labeur, à leurs (1) justes dosages ;

Et merci aux clients qui aiment mon fromage."

(1) "leur" = Ceux qui ont fabriqué ce fromage.


Narrateur: La vache de Salers.

Extrait de "Sous les chênes"

  * * *

 L'injure ou Décharge clandestine

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"C'est un trou de verdure où chante une rivière" (1)

Sur des galets d'argent scintillant dans l'eau claire.

C'est un trou de verdure où gît un matelas ;

Trop pressé, un sagouin s'en est délesté là.

Pourquoi pas moi ? pense un second, puis un troisième,

Puis ... vont s'amonceler les trop-pleins des Xièmes :

Vieux frigo, pneu pourri, et pourquoi pas ...de l'huile

De vidange, gravats ... sans oublier les piles !

C'est un coin, sous la nue, où bave une mixture ;

Miasmes plombés de fiel : lithium, cadmium, mercure ...

Du sous-sol au cours d'eau, de l'eau aux sols voisins,

De ces déchets déchus le poison va bon train.

C'est un trou plein d'ordures où pleure une rivière ;

Larmes couleur de deuil, voiles voilant les pierres ;

C'est un air de fréon criant à l'imposture

Contre des inconscients qui ont tué la Nature.


(1) Le dormeur du Val (Rimbaud).

Extrait de "Sous les chênes"

 * * *

Aux actes Citoyens!

Pauvres enfants de la patrie,

Le désespoir peut arriver

Contre vous, sans parcimonie,

La planète est sur-exploitée

Et souillée jusqu'à mise en danger.


Observez-vous dans vos campagnes,

Gésir d'atroces matelas ?

Et viennent s'agglutiner là

Les trop-pleins et tout c' qui accompagne.


Aux actes Citoyens !

Freinez vos pollutions !

Trions, classons !

De la Nature, ôtons tout ce poison !

Extrait de "Sous les chênes"

* * *

Aux Ânes Citoyens !

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Aux ânes, Citoyens ! …Pas les ânes-copieurs :

Non ! les vrais, les quadrupèdes ; Pas les ânes-pilleurs !

Le «petit âne gris» (1) : «la bonne créature», (2)

Le «baudet» mis à mal pour excès de droiture, (3)


Le baudet tout crotté, qui cherche la caresse,

Qui réchauffe Jésus (4) ou sauve la Princesse, (5)

Le petit «âne doux , flânant le long des houx», (6)

Les ânes cantalous, Les ânes de chez nous.


Quand nos petits enfants se changent en «démons» :

Aux ânes les Papys ! en route vers les Monts !

Vous, qui devez glaner pour trouver des idées :

Aux ânes, les copieurs ! .. et vous tous qui souffrez :


Aux ânes, Citoyens ! Portez-leur votre stress,

Vos manques, vos excès. Frôlez leur gentillesse

Et leur souffle apaisant. Dans ce coin reculé,

Les maux vont s’estomper et les mots vont couler .

Extrait de "Sous les chênes"

( 1 ) Chanson populaire : «  Le petit âne gris »………………….

( 2 ) La Fontaine : «  L’âne et le chien  »………………………..

( 3 ) La Fontaine : «  Les Animaux malades de la peste » ………

( 4 ) La crèche……………………………………….....................

( 5 ) Charles Perrault : «  Peau d’âne »…………………………..

( 6 ) Francis James : « J’aime l’âne si doux »……………………


Vous n’êtes pas « pilleur » si vous citez vos sources.

* * *

 Fleur-Etoile


Canicule d'été, inondation d'automne,

Fonte de l'iceberg et fuite de l'ozone ;

"Ô marâtre Nature  "!(1)


" Sur" ou "  Sous" hydratés ; jetés aux flots, aux flammes

Pollués dans le corps ou asphyxiés dans l'âme ;

Ô satanée Nature !


Chacun pour soi, toujours plus haut, encor' plus vite ;

Les yeux fermés, dans son ego, l'homme gravite !

Un Icare immature !


Mais voici que, soudain, sur un désert d'asphalte,

Soucieux, le poète surpris fait une halte :

Ô vous ici Nature !


Douceur de l'arc-en-ciel qui sèche le tourment !

Tombée d'on ne sait où, nourrie Dieu sait comment !

Ô étrange Nature !


Racine emprisonnée, corolle triomphante,

Ni crèche ni terreau mais une étroite fente !

Opiniâtre Nature !


Quand une fleur défie nos "apprentis sorciers" (2)

Nous ne pouvons aider Kyoto, G.I.E.C.!

Ô divine Nature !


"Fils d'Adam, "sphérivore", neutralise tes dents !

Trie, recycle, roule à vélo, en attendant

Un Dédale mature ! "


Sous une étoile-fleur parfumant cette option :

" Aux actes, Citoyens ! freinez vos pollutions !

Pour aider la Nature !"


(1) Clin d'oeil à Ronsard.

(2) Allusion à l'oeuvre de Paul Ducas :  "L'Apprenti Sorcier "

Poème primé au 9ème concours caritatif international de poésie francophone (Club Richelieu- 2003) sous le titre : "L'étoile du damné".

Extrait de "Sous les chênes"

 * * *

Soleil d'automne

catherine7

Octobre solde les produits d'été :

Stocks de couleurs, bruits et senteurs,

Réserves d'eau et de chaleur,

Octobre enfante les plus beaux bébés.


Souche après souche; touche après touche;

C'est le parfum de pommes, et c'est l'odeur de terre,

C'est la fragrance des... bébés pommes de terre:

Souche après souche : la terre accouche.


Lièvre et perdreau mûrs pour cartouches ;

Vergers ventrus à terme et cueilleurs fredonnant ;

Sortant de la Montagne, troupeaux carillonnant

Et vagissant: nos monts accouchent.

Goutte après goutte ; gouttes avant douche ;

Tintant sur le linteau, le ciel gris perd ses eaux

Car voici que va naître un des jours les plus beaux !

Douche à la louche : le ciel accouche !


Serein soleil séchant la douche !

Des bulles de chaleur aux reflets d'arc en ciel,

Ce sont les fonds de pots versés du fond du ciel :

Des pleines louches pour "fines bouches" !


Touche après touche; couche après touches ;

Le toit de lauzes est mauve et le rocher violet ;

Le châtaigner doré et la haie mordorée.

Couche après couches : des pleines louches !


Touche après touche, souche après souche,

Bébés joufflus et parfumés, tintant, teintés ;

Octobre a liquidé la gestation d'été ;

Couches après couches, à pleines louches.

Extrait de "Sous les chênes"

* * *

"Tu fumes, nous fûmes"


Noir,

J'ai fait un rêve noir,

Maman, un cauchemar !

Un vampire était là, déguisé en nuage

Pour tromper et pomper quelqu'innocent visage :

D'abord de tulle blanc puis de soie gris-souris,

Il voile les contours d'un minois qui sourit ;

Se densifie, sans bruit, vers le gris anthracite ;

Se love ; ramifie, connecte ses dendrites.

Qu'il soit tulle ou coton , il remplit son bedon :

Des suçoirs enfoncés jusque dans les poumons ?

L'ombre du beau visage se tisse dans le gris,

Se feutre dans le noir, éteint la voix flétrie.

Dans un grand coup de vent, s'envole ce linceul :

Repu de tout un être ... Je me retrouve seul

Et sur moi pleut le noir : Finis mes plus beaux jours ...

Mais que vois-je sur toi ? Serait-il de retour ?

Pitié, Maman, arrête !

Eteins ta cigarette !

Reste !

Extrait de "Sous les chênes"