Marie-Aimée Méraville (1902 - 1963)

Archives Départementales du Cantal

Le "Document du Mois" est un document issu des fonds des AD 15, exposé durant le mois en cours en Salle de Lecture

Marie-Aimée Méraville à la Chaise-Dieu -Droits Réservés-

Marie-Aimée Méraville à la Chaise-Dieu  D.R.

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Marie-Aimée Méraville occupe une place particulière dans les lettres cantaliennes. Originaire de Condat, elle fit ses études d’institutrice à Aurillac avant d’exercer et de vivre à Saint-Flour. Auteur de plusieurs volumes de contes, romans, essais, nouvelles,  son écriture drue fait penser à celle de Marie-Hélène Lafon (qui a d’ailleurs préfacé une nouvelle édition des Contes, légendes et fabliaux, préparée par le professeur Joël Fouilheron, paru en novembre 2016) mais aussi à celle de Marcel Aymé. Ce dernier donna d’ailleurs, en 1946, une préface aux Contes du vent frivolant.

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Madame Renée Boyer, détentrice du fonds, a fait don au Conseil général (Archives départementales) des archives professionnelles et littéraires de M.-A. Méraville. On y trouve naturellement les notes, les brouillons et les dactylogrammes de ses ouvrages ; des textes inédits (dont la consultation est réservée jusqu’en 2034, année d’entrée de MAM dans le domaine public) ; des recensions ; des photographies (notamment de son compatriote Albert Monier) ; mais aussi une correspondance fournie avec Henri Pourrat, Alexandre Vialatte, Lucien Gachon, Robert Garric, Henri Mondor : non seulement avec l’Auvergne littéraire, mais également avec Irène Némirovsky, Jean Paulhan, Marcel Arland, ou encore Emmanuel Mounier. Ce très bel ensemble, généreusement mis à la disposition des chercheurs, permettra d’approfondir le travail d’écrivain, l’inspiration et les affinités littéraires de l’auteur des Énergiques (publié en 1941 sous le titre : Le coffre à sel), de Miroir, des Contes d’Auvergne, des Contes de la tortue et de l’hirondelle. L’ensemble est complété d’une bibliothèque des ouvrages dédicacés à MAM.

Une lettre de Marcel Aymé à MAM, du 17 octobre 1945, donne une définition lumineuse de la critique littéraire : "Ces petites lâchées de fiel, qui sont monnaie courante dans notre métier, honorent celui qu’elles visent, car elles avouent leur impuissance à les atteindre par des arguments. Prenez donc tout bonnement le parti d’en rire avec vos amis. Vous avez écrit un beau livre et tout ce qu’un auteur met dans un livre d’irréductiblement personnel et qui en fait la valeur propre, essentielle, échappe nécessairement à toute analyse. L’art ne s’analyse pas, ne se met pas en formules. La seule utilité de la critique est d’attirer l’attention sur un ouvrage. C’est à quoi en définitive auront abouti vos pitoyables détracteurs."

 Photographie : Marie-Aimée Méraville, âgée de 57 ans, photographiée à la Chaise-Dieu par Albert Monier (1959) ; photographie inédite, tous droits réservés