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FUGUE

De 1980 à 1990 le nombre de bals spectacles est en chute libre. Tous les 16-25 ans vont en boîte.

Pour les orchestres, il faut choisir entre, d’un côté la danse avec un mélange de musette et de moderne et de l’autre les grandes manifestations qui privilégient le visuel.

Les organisateurs cherchent de nouvelles sources de revenus : concours de belottes, lotos (quines), tombolas … Dans le cas du bal, ils sont les employeurs des musiciens, soumis aux taxes patronales, donc à l’achat de vignettes pour les intermittents du spectacle d’où la diminution des bénéfices. Il est vrai que pour subvenir à l’augmentation du coût de la vie, le prix des entrées de bals et des boissons grimpe.

Le jeune accordéoniste Jacky Bruel, en observateur réfléchi et discret, maîtrise bien son sujet. Il comprend très vite qu’il a une bonne carte à jouer dans le secteur de la danse, essence du bal populaire.

A la Maison Neuve, le parquet-salon est monté d’une façon curieuse. Par manque d’espace, la scène est construite autour d’un arbre bien enraciné dans un socle de béton. Ce beau marronnier étale fièrement ses branches feuillues en parasol. Le décor est surréaliste.

Le batteur joue au chat et la souris avec le tronc. Le chanteur manifestement agacé, gêné par la verdure, entreprend un élagage en règle.

Jacky, d’abord surpris, relativise et chambre le bûcheron occasionnel :

José, ne fais pas cette tête là, un bon musicien doit avoir de la feuille ! Puis en souriant il enchaîne de Maxime le forestier Comme un arbre dans la ville, j’ai des chansons sur mes feuilles et de Georges Brassens :

Auprès de mon arbre / Je vivais heureux
J'aurais jamais dû / M'éloigner d' mon arbre
Auprès de mon arbre / Je vivais heureux
J'aurais jamais dû / Le quitter des yeux   

La complicité entre le public et l’artiste ne fait aucun doute.     

Avec une bonne dose de philosophie, Tintin qui vient de commander une rasade d’apéritifs, trouvant la note salée ne peut s’empêcher d’ajouter :

─ Patron, tu devais être bon en math, surtout pour les additions ! Je suppose que tu m’as facturé les faux-cols ! Parce que celle-là, c’est ma chère rasade !

Il se tourne vers le chef d’orchestre.

Jacky, en prime tu peux me la jouer Shéhérazade (poème symphonique de Maurice Ravel).

Du Belge J.J Lionel La danse des canards, mimée par tous, devient presque un phénomène de société (3 millions de 45ts vendus en France).

C'est la danse des canards, qui en sortant de la mare
Se secouent le bas des reins, et font coin-coin…

 Gérard Blanchard avec son Rock amadour donne un autre coup de main à Jacky, ce qui le conforte dans son option. La compagnie créole avec C’est bon pour le moral (D. Vangarde/J. Kluger) envoie un baiser de Fort-de-France et redonne de la couleur à l’accordéon.

Si tu veux te faire plaisir, faut surtout pas hésiter.
Pour combler mes désirs, y a rien de tel qu'un p'tit baiser.
C'est bon pour le moral, C'est bon pour le moral.

 Pour l’orchestre, pari tenu, pari gagné, en cette fin de période disco, le mixage classique moderne trouve sa place : l’exception confirme la règle.

Le pianiste accordéoniste chanteur, Alain Claener, qui vient de succéder à son père continue la formule de la grande formation attractive composée de quatorze éléments : cuivres, danseuses, chanteuses, chanteur animateur…

♫ Le volume du matériel frise la démesure, trois à quatre tonnes. Il faut monter un pont (échafaudage métallique) pour les éclairages et la sono, plusieurs heures de manutention sont nécessaires. La chiourme est au turf. Tout n’est pas galère, mais rien n’est facile. Les spots et projecteurs laser sont motorisés et télécommandés. C’est le début de l’ère du ‘‘sans fil’’ pour micros et guitares.

Pour les déplacements, il faut choisir entre, une remorque en plus du grand car, ou deux véhicules. Le nombre de kilomètres parcourus dans l’année se compte par dizaines de milliers et les heures de sommeil sur les doigts de la main. Le travail n’est pas aussi doré qu’il ne paraît et les contrats ne se ramassent plus à la pelle.       

L’orchestre du Splendid, avec Macao offre un cadeau royal à la formation d’Alain Claener qui ne laisse pas passer l’occasion de briller.

Macao, Macao,
Ti plamb di maté.
Ça sent le sangue
écarlaté.

 Le niveau musical, la chorégraphie et l’humour sont réunis dans La salsa du démon. (Xavier et Frédéric Thibault).

(Horreur) (Malheur) (Aaaah)
Oui, je suis Belzébuth (Horreur)

Je suis un bouc, je suis en rut (Horreur, malheur)
Oui, oui, oui, je vis dans l'ordure (Horreur)
Je pue la sueur et la luxure

 Africa, chanté par Rose Laurens, révélée dans la comédie musicale ‘‘Les Misérables’’, permet à Marie-Ange la superbe chanteuse de l’orchestre, de mettre en valeur la base rythmique, qui devient très percussive dans Il tape sur des bambous de Philippe Lavil (Michel Héron / Didier Barbelivien).

 Il tape sur des bambous et c'est numéro un
Dans son île on est fous comme on est musicien
Sur Radio Jamaïque il a des copains
Il fabrique sa musique et ça lui va bien

  La qualité est au rendez-vous. Daniel Balavoine, Liane Foly, Francis Cabrel, débutent dans des orchestres régionaux. René Coll, Tony Bram’s n’échappent pas à la règle. Le baluche marche sur les plates-bandes du show-biz.

         Quelques orchestres choisissent d’améliorer leur publicité affiches et cartes postales, en ajoutant une cassette vidéo, ce qui permet de visualiser en plus du sonore l’étendue de leurs possibilités.

Il faut attendre la fin du siècle pour que le bal traditionnel renaisse de ses cendres. L’accordéon diatonique soutenu par la cabrette et les guitares se refait une santé. La ‘‘Musique Trad.’’, inspirée du cercle celtique se met en place et relance en France un folklore revisité. Elle captive une clientèle d’un âge certain et de nombreux jeunes attachés à leurs racines.

Patrick, Jacques, Michel rejoints par Serge, Henri, Pascal, Mathieu, Georges, les deux Yves, Gilbert, forment le groupe Traucaterme et redéploient avec puissance le paysage folklorique. Les cuivres et les effets de guitares distorsion sont la preuve d’une recherche originale. La musique d’une chanson d’antan, souvent recueillie avec plus ou moins d’exactitude, que l’on croit ancrée sur des portées, cataloguée, fichée, figée dans une époque, est au contraire en perpétuelle évolution.

La jument de Michao, chanson bretonne tirée d’un air Grégorien du Moyen-Âge ‘‘Dies iraes’ est redynamisée par les paroles de Bernard Baudriller du groupe nantais Tri Yann.

         C'est dans dix ans je m'en irai

J'entends le loup et le renard chanter. (2 fois)

J'entends le loup, le renard et la belette,

J'entends le loup et le renard chanter. (Bis repetita).

─ A Vous ! N’oubliez pas ! Pour l’ambiance !

Veuillez accepter les félicitations d’Anatole Chabada.

L’accordéon chromatique combine son contrepoint. Celle que l’on appelle ‘‘La Reine du Folklore Auvergnat’’, Sylvie Pullès, redonne un véritable lustre aux airs et aux danses du patrimoine de sa région. Elle s’efforce de les restaurer avec un maximum de rigueur. Cette pureté et ce poli artisanal lui confèrent l’estime d’un grand public sensible à l’authentique, qui répond avec force et enthousiasme à cet appel du coeur. C’est Le bal à Sylvie (titre d’un de ses albums), du travail bien fait. Le répertoire qu’elle joue et chante, s’étoffe d’un bon musette commercial et de ses propres compositions : Tango de mon Cantal, Les yeux de caroline, Sous le soleil de mon Aveyron, Si tu vas à Millau…

Cette matinée dansante qu’elle anime n’échappe pas à la règle, il n’y a pas la moindre place de libre dans la salle du Casino de Vic-Sur-cère. L’éclairage est à peine tamisé, l’on a passé l’âge de la timidité. L’ambiance est ‘‘top’’, comme le dit Pierrot un danseur toujours aussi fin limier.

─ Tu vois Anatole, je ne suis pas d’accord avec Victorien Sardou qui disait : « On s’enlace et puis un jour on s’en lasse ». La réponse est simple, le jour possible, mais la nuit, comme à vingt ans, comme Au temps des veillées. (Mazurka de S. Pullès & R. Brillaud). 

         Les veillées d’hiver dans les chaumières /C’était prés de la cheminée.

         On avait le cidre et les châtaignes / On était heureux de se chauffer.

         On s’éclairait à la lanterne / C’était pas le règne de la télé.

On partageait les joies les peines / Et on jouait à la coinchée.        

Sylvie, de par son talent bien aidée par sa connaissance des langues, conquiert l’Espagne, l’Allemagne, le Canada, et l’Argentine. Elle compose Le tango de Pigüe, petite ville de la Pampa Argentine fondée par l’Aveyronnais Clément Cabanettes.

Le ‘‘Casino de Paris’’ ne reste pas insensible aux valeurs retrouvées des cafés-charbon de la rue de Lappe et porte à l’affiche ‘‘l’Auvergne en concert’’ avec en vedette Sylvie L’enfant du pays. C’est la première fois qu’une femme accordéoniste se produit dans ce music-hall légendaire pour un unique concert : quel honneur ! Ce 4 mars 2007 restera gravé dans les mémoires.

L’an 2000 a sonné le grand retour du ‘‘Thé dansant’’. Il accueille une population, pleine de nostalgie pour les airs de leurs premières amours, composée de couples dynamiques, connaisseurs et bons danseurs, fidèles au lieu.

La motivation est toujours la même : le plaisir de la danse et pour certains la douceur de nouvelles rencontres.

Le piano à bretelles mis en valeur par une rythmique complète et un clavier-synthétiseur, retrouve ses lettres de noblesse et son registre des années cinquante. La tenue de scène n’est plus de rigueur, mais sur la piste les gens sont soigneusement habillés.

La Matinée dansante, transformée en apéritif concert vers 1975, est de retour. La soirée est écourtée, elle ne dépasse guère minuit, peut-être la faute au démon.  

Alain Chanone dont le sérieux et le travail de qualité ne sont plus à démontrer participe activement à ce renouveau. Il suffit d’assister à l’une de ses prestations soit à l’Aquarius ou au Casino de Royat pour en être persuadé. Ceci n’échappe pas au réalisateur Xavier Giannoli qui retrace la vie du crooner Clermontois dans le film ‘‘Quand j’étais chanteur’’. Il l’est toujours d’ailleurs et plus que jamais !

Seules, encore quelques grandes formations attractives ne ‘‘beuguent’’ pas et perdurent dans de rares fêtes locales, les plus importantes. Ces grosses structures musicales proposent un produit multi-facettes : une formule light avec animation DJ, une formule bal, cinq à six musiciens et une formule plus attractive de huit à douze voire vingt exécutants.

         La vulgarisation de l’informatique donne un coup de pouce aux formations les mieux structurées. Des images numériques sont projetées sur un écran géant de fond de scène. Nombreuses sont celles qui se dotent d’un site Internet et assurent leur promotion à l’aide de DVD, ce qui donne aux acheteurs potentiels une vision positive du travail réalisé.