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Electro-Show.

 ♪♫. Le synthétiseur, la guitare rythmique et solo, la basse et la grosse-caisse qui bûcheronnent le tempo, sont l’essence même de la musique de discothèque. Les chanteurs et les groupes vocaux imposent leur diktat. Pour donner du relief et couper la monotonie de l’ensemble, on ne note plus çà et là qu’une improvisation au saxo. Les cuivres sont en partie délaissés. 

1977. Jean-Marc Cerrone un habitué du club ‘‘Papagayo’’ de Saint-Tropez, musicien au club Med’, chef du groupe Kongas, est à l’origine du style ‘‘Disco’’. Il réalise seul la promotion de Love in C Minor, son 45-tours à la pochette évocatrice. Les producteurs ne misent pas un kopeck quant à l’avenir de ce genre… Il vendra trois millions d’exemplaires !

Pour entrer dans les night-clubs, il faut montrer patte blanche mais surtout pas mine grise. La bonne humeur, la saine rigolade et l’humour n’osent pas forcer le filtre pourtant pas toujours très fin de la porte. Si sous les chapiteaux il n’y a pas de judas pour stopper la clientèle, filles et garçons doivent se soumettre à la nouvelle formalité d’oblitération moyennant 20 francs. Le vieux tampon encreur a vécu. L’encre invisible réagit au faisceau de lumière noire : terminée la fraude décalque poignet à poignet. Malgré cela, il est fréquent de voir l’une des caissières, très physionomiste de surcroît, partir faire son chemin de ronde. Les arnaqueurs emboîtent aussitôt le pas dans le même sens pour éviter une entrevue fâcheuse. 

Michel C, simplement pour le plaisir de réussir un pari, décide de pénétrer par un vasistas latéral. En bon sportif, poussé par Ded, il se hisse à la force des bras au niveau du châssis plexiglas, le fait pivoter sur son axe et s’engage dans l’ouverture. Tel un félin, les bras, le corps et les cuisses basculent à l’intérieur du parquet-salon. C’est à ce moment précis que le battant exécute un surprenant salto arrière. Coincé au niveau des genoux, l’intrus se trouve suspendu inconfortablement dans le vide, tête en bas. Clés de voiture, bourse, portefeuille, tout tombe de ses poches. Une des caissières, lors d’une ronde rituelle, par instinct ou avertie par on ne sait qui, se précipite et ramasse les valeurs.  

Placide, le talentueux Alain Bruel pianiste-accordéon-sax de l’orchestre Mic et Vincent (deux frères qui tracent parfaitement leur route) continue son exposé sur la musique lancinante et synthétique du film d’Henri Verneuil Le Casse (Ennio Moricone 1971) avec Jean-Paul Belmondo et Omar Sharif. Pour la récupération des pièces à conviction, Michel doit jouer fin. La négociation est âpre mais elle aboutit. Le cocasse de la situation l’emporte sur la gravité de l’infraction. La sentence est prononcée sur le champ :

─ Règlement du droit d’entrée, deux Cacolac pour nous et cinq bières pour les musiciens. Et estimez-vous heureux, car la prochaine fois ça se passera pas comme ça, direct chez les flics ! Intrus

‘‘Tel est pris qui ne croyait pendre’’.

Les ruses sont multiples pour tout voir et ne rien payer. Le parqueteur a enlevé un panneau de bois situé derrière la scène, ce qui permet d’utiliser le car de l’orchestre garé au cordeau en guise de vestiaire. La fraude paraît impossible. C’est sans compter sur l’imagination de Delco le mécano. Habitué, il se glisse sous le bus, rampe sous l’estrade entre les caisses et les étuis de rangement du matériel, soulève le rideau d’avant scène et arrive dans l’antre du jouir sans trop d’encombre, juste une main légèrement écrasée par une danseuse qui lui présente ses excuses.

─ Je les accepte, mais elles n’abrégeront ma souffrance que si vous me faites une bise et m’accordez la prochaine danse. 

Il en profite au maximum : du tout ‘‘bénèf’’ !

On ne peut s’empêcher de penser à Albert Spaggiari, l’auteur du ‘‘casse du siècle’’ pénétrant par les égouts dans les coffres de la Société Générale de Nice. Il laisse le message ‘‘ni arme, ni violence, ni haine’’ et s’empare d’un butin de cinquante millions de francs en or, bijoux et pierres précieuses. Dénoncé par des voyous marseillais, il est arrêté par la redoutable bête du quai des orfèvres, le super flic Honoré Gévaudan. Lors d’un interrogatoire, il s’évade en sautant par la fenêtre du bureau du juge d’instruction Richard Bouazis et atterrit sur le toit d’une voiture. En Gentleman cambrioleur, Spaggiari envoie des fleurs à la propriétaire du véhicule, comme le chante Jacques Dutronc, dans la série télé Arsène Lupin (1973), personnage imaginaire créé par Maurice Leblanc en 1905.

C'est le plus grand des voleurs / Oui mais c'est un gentleman
Il s'empare de vos valeurs / Sans vous menacer d'une arme
Quand il détrousse une femme / Il lui fait porter des fleurs
Gentleman cambrioleur / Est un grand seigneur.

Depuis plusieurs années, d’octobre à mai, le bal du dimanche est en perte de vitesse. Dans les chansons, on ne parle plus que du petit bal du samedi soir, même aux Etats Unis. Michel Sardou le confirme dans sa Java de Broadway (Pierre Delanoë, Jacques Revaux).

Quand on fait la java, le sam'di à Broadway,
Ça swingue comme à Meudon.

On s'défonce, on y va : pas besoin d'beaujolais
Quand on a du bourbon.

 Le septième art aussi est sensible à ce changement avec Saturday night fever, (La fièvre du samedi soir). C’est la comédie culte du disco, de John Badham sur une bande originale des Bee Gees et David Shire. Beaucoup de jeunes comme Tony Manero (John Travolta) ne vivent que dans l’attente du samedi pour aller danser. Tony rêve de gagner le premier prix de 500 dollars en compagnie de sa partenaire Stéphanie (Karen Gomey) ; pour les autres il s’agit de tirer le gros lot.

Saint-Paul des Landes. Le bal du foot rappelle étrangement l’Inter-Danse placé sous l’égide de La CRAMA cinq ans plus tôt. Le dancing Le Rêve est en zone rouge avec ses mille sept cents personnes. Les musiciens se font beaucoup de souci pour l’enregistrement. Ils ont du mal à accorder leurs instruments, la condensation est très importante à cause de la température extérieure négative.

─ J’ai l’impression qu’il pleut ! fait remarquer Totor un habitué des lieux. Tu vois, je suis en phase, je ne bois que du pastis sec, à peine précipité. La flotte tombe du plafond, on peut mieux doser le goutte à goutte, directement du producteur au consommateur.

Le spectacle n’est pas altéré. La présence sur scène de Gérard Janvion (Bob) et Dominique Rocheteaux (Gérard) en tenue de footballeurs aux couleurs de l’AS Saint-Étienne attire tous les regards. Dans la pénombre, la ressemblance est surprenante. Ils envoient de vrais ballons de foot (dégonflés) dans la salle, ce qui provoque quelques mêlées épiques, dignes d’une première division de rugby. Le délire est total. L’intervention de la patronne Madame Filler auprès du chef d’orchestre ne se fait pas attendre :

─ Arrêtez le massacre, ils vont tout casser ! Vous les rendez complètement fous avec ces verts ! 

Cette petite femme énergique, sévère, sait se faire écouter. Elle est nerveuse et inquiète pour la sécurité de ses clients et de son mobilier.

L’équipe du stade Geoffroi Guichard attire ‘‘the full’’. Monty, (Jacques Bulostin) depuis plusieurs mois en est une des vedettes. Il tient le haut du hit avec Allez les verts (Monty & D’Onorio).

 Allez les verts, Allez lez verts !  ALLEZ LES VERTS !

Qui c'est les plus forts / Evidemment c'est les verts
On a un bon public / Et les meilleurs supporters
On va gagner / ça c'est juré /Allez-ez, Allez-ez !
Allez les verts !
Allez les verts ! ALLEZ LES VERTS !

 

D’un seul coup, je vous sens électrisés par cette ambiance. Félicitations !  Vous chantez mieux que les supporters qui ont gravé la maquette.

Un fanatique des verts, bien mûr, s’adresse au bassiste ‘‘Bras de fer’’ :

─ Un verre ça va, mais onze, bonjour les dégâts ! Et je ne compte pas les remplaçants parce qu’alors là ! Aujourd’hui le Ricard-menthe est la boisson officielle. Tu en veux un petit pour te ‘‘filer’’ la frite ?

Heureusement, Jean-Michel Jarre donne un peu d’Oxygène (générique d’Antenne 2, récré A2 et de l’émission ‘‘Basket’’) pour la prise de son qui débute par Magic Fly de Space, Svalutation d’Adriano Celentano, pour conclure après Le Concerto de la mer de Jean-Claude Borelli et Le lac des cygnes de Piotr Ilitch Tchaïkovski, par Sunny de Boney M.

Plus tard dans la soirée, La Bande à Basile remet au goût du jour un panaché de vieilles chansons : Les chansons françaises.

Janeton prend sa faucille, Larirette larirette…

Sur la route de Louviers…/ Auprès de ma blonde qu'il fait bon…

Frère Jacques, Frère Jacques…/ Au clair de la lune, mon ami Pierrot…

Il était un petit navire, il était un petit navire…

Boire un petit coup c'est agréable, boire un petit coup c'est doux…

 La plus agréable des conclusions est proposée par JDassin, Bernard Estardy, Claude Lemesle, Jacques Plait, créateurs du Big bisou d’Yvan Chrysostome plus connu sous le nom de Carlos.

Ralliez-vous au Big bisou !
Et d'abord, sur la main, style ancien, noble et tout,
Attention sur la main embrassez-vous... Stop ! Big bisou, big bisou…

Juste après, de plus près, sur la joue,

Attention sur la joue embrassez-vous... Stop! Big bisou, big bisou...

A la fin, pas besoin que j’ vous dise où ! Big bisou, big bisou.

 

Ne gâchez pas cette occasion, c’est peut-être la dernière chance de la soirée pour ne pas rentrer bredouille.

Le gardien de but de Carlat, admirateur des gars de Manufrance est surnommé ‘‘Curko’’ (Yvan Curkovic goal volant de l’ASSE). Au cours du match contre la réserve de Raulhac, il encaisse à la soixante-quinzième minute son dixième but. Pour lui, sa défense trop élastique est seule responsable du désastre.

Des spectateurs indélicats l’apostrophent :

─ Alors passoire, le onzième est gratuit comme pour les pizzas !

─ T’as la valise pleine, c’est mieux qu’à la bourriche du stade, ici on gagne à tous les coups !

Vexé, le portier jette ses gants et, sous les huées, quitte le terrain en jurant :

─ J’en ai rien à ‘‘foutre’’, l’an prochain, je signe à Raulhac ! ‘‘No comment’’.

Le soir au bal, la rogne est passée, le jeu de jambes de ‘‘Curko’’ est toujours aussi approximatif : tant pis !

A cet instant précis, celui du Big bisou, il sacralise Carlos :

─ Depuis la sortie de ce chef-d’œuvre humanitaire, je suis heureux comme un pape dans une bulle. C’est ma tournée des ‘‘Grandes Duduches’’. J’en profite pour offrir un baiser à toutes celles avec qui j’ai dansé. Vous pouvez dire ce que vous voulez, les Yvan sont les plus forts. Pas besoin d’attendre le bon vouloir des zouaves de Jo Dona, qui, probablement par jalousie, perdent la bonne habitude d’annoncer ‘‘embrassez vos cavalières’’.

La confiance est vite regagnée. Le sportif est happé par La chenille des arlequins de La Bande à Basile (Franck Harvel, Gérard Layani, Raymond Jeannot). Pour les pieds en canard, il en connaît un rayon.

Pose les deux pieds en canard

C'est la chenille qui se prépare
En voitur' les voyageurs

La chenill' part toujours à l'heure
Accroch' tes mains à ma taille

Pour pas que la chenill' déraille
Tout ira bien et si tu veux

Prie la chenill' et le bon Dieu.

 Le bal se termine par l’énorme succès Rockollection du rêveur et discret Laurent Voulzy, libéré par son groupe Le Poing. Notez qu’il reprend les hits des sixties, des Beach Boys aux Stones.  

On a tous dans 1' cœur une petite fille oubliée
Une jupe plissée queue d'cheval à la sortie du lycée
On a tous dans 1' cœur un morceau de fer à user
Un vieux scooter de rêve pour faire le cirque dans le quartier
Et la p'tite fille chantait
(Et la p’tite fille chantait)
Et la p'tite fille chantait
(Et la p’tite fille chantait)

Un truc qui m'colle encore au cœur et au corps

 

Les souvenirs se succèdent à la fin de chaque refrain : Locomotion, Hard day’s night, Get around, Gloria, Mister Tambourine man, Satisfaction…

Lors de ses rares apparitions en public, Laurent Voulzy fait durer sa mosaïque rock une vingtaine de minutes.