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1962 voit apparaître sur une plage jamaïcaine la divine et bouillonnante Ursula Andress dans le premier James Bond de Térence Young 007 contre Dr. No d’après le roman de Ian Fleming. La musique signée Monty Norman est arrangée par John Barry.

En fin de soirée, rien à voir avec l’agent 007, bras croisés sur son accordéon, Riton (Henri Denoy’), fait une pause de quelques mesures. Il somnole. Fatigue et ou ‘‘Tétine’’ ?

Un petit futé le tire brusquement de sa torpeur en appuyant à pleine main sur les touches de l’instrument qui d’un bâillement de soufflet éructe un accord ‘‘Tchécoslovaque’’ (c’est une expression utilisée sans fondement désignant un accord indéfinissable). Connaissant son penchant pour le biberon, il lui offre un petit remontant.

─ Prends ce Fernet-Branca (digestif de couleur noire, tord boyaux de première) ça va te redonner du punch !

Depuis un an, des troubles inquiétants pourrissent la vie de Riton. Il se décide à consulter ‘‘Mort subite’’ son compère médecin, buveur de bière, qui ne maîtrise pas encore la formule magique abracadabra du Docteur Miracle (Ross Bagdassarian & Hubert Ithier).

Hou hi hou ah ah ting tang woulla woulla bing bang!

Hou hi hou ha ha ting tang woulla woulla bing bang bang!

L’ex-carabin de la faculté de Montpellier conseille à Henry de faire une prise de sang. Huit jours plus tard, notre saltimbanque vient s’enquérir des résultats.

─ Elle est bonne cette analyse ?

Voyant la moue du clinicien, il ajoute :

─ Je te vois venir, t’es bien capable de m’interdire le ‘‘rouquin’’ rien que pour me faire ch..r !

─ Mon pauvre, dit ‘‘Mort subite’’ après une relecture sérieuse de la feuille de résultats, la seule chose de bonne : c’est ton adresse…

─ T’apprendras, qu’en pareille circonstance, t’as le devoir d’être sérieux, copain ou pas !

─ Si ça peut te rassurer, tu seras ‘‘canonisé’’ par le Pape…de Châteauneuf !

─ Ton langage alambiqué me grise ! J’aurais mieux fait de rester tranquille au ‘‘France’’ avec mes vrais potes plutôt que d’écouter tes conneries ! Salut, tu m’enverras tes honoraires quand je serai arrivé là-haut ! Tu connais l’adresse ? Par retour tu recevras le ‘‘picaillon’’.

Le 10 décembre de la même année, vers 20 heures, avant le journal de la R.T.F. (Ne pensez pas que l’on annonce la sanctification de Riton !), apparaissent dans ‘‘Bonne nuit les petits’’ les marionnettes de P’tit Louis, Mirabelle, Gros Ours, rebaptisées rapidement Pimprenelle, Nicolas, Nounours, sans oublier le Marchand de sable Pon po po pom…

Au bal à Jussac, chez Gros Nounours, on ne se couche pas à 20 heures. L’originalité est de mise ce 14 février jour de La Saint-Valentin, fête des amoureux. Serge Paulin a encore une excellente idée : offrir à l’entrée, à chaque fille un cœur rose portant un numéro et à chaque garçon un cœur bleu également numéroté. Le but du jeu est de trouver son ou sa partenaire pour minuit afin de profiter au mieux du quart d’heure des amoureux concocté par Claude Rey, qui cette fois est au piano électrique.

L’attaque de L’idole des jeunes (A Teenage Idol : Jack Lewis) par Alain Deville est ravageuse, il cultive sa ressemblance avec Johnny et imite sa voix, alors !...

Les gens m’appellent l’idole des jeunes,

Il en est même qui m’envient

Mais ils ne savent pas dans la vie

Que parfois je m’ennuie

Tous les garçons et les filles composé et susurré par ‘‘l’intello’’ de la bande Yéyé Françoise Hardy touche la cible.

Tous les garçons et les filles de mon âge

Se promènent dans la rue deux par deux.

Tous les garçons et les filles de mon âge

Savent bien ce que c’est qu’être heureux

Et les yeux dans les yeux, et la main dans la main…

Claude François les trouve toutes Belles belles, belles comme le jour.

Sylvie nous propose un hybride du twist Le Locomotion qui achève la série Valentin-Valentine.

Après ce coup de cœur provocant, ayant tiré le bon numéro et trouvé l’âme soeur, des couples se forment pour un soir ou pour la vie. Dans leurs yeux on peut lire en supplique Retiens la nuit d’ Aznavour. Charles vient d’offrir la consécration à Johnny.

Retiens la nuit, pour nous deux jusqu’à la fin du monde

Retiens la nuit, pour nos coeurs dans sa course vagabonde.

Serre-moi fort contre ton corps, il faut qu’à l’heure des folies

Le grand Amour raye le jour et nous fasse oublier la vie… (Refrain).

Seulement tout n’est pas aussi simple !

Si certaines font le tour de la salle à contre sens pour éviter leurs homologues, d’autres font tapisserie espérant voir arriver le prince charmant.

Un petit ‘‘canaillou’’ a repéré le beau ‘‘petit lot’’ numéro 17, il lui suffit d’ajouter une dizaine à son 7, et il pense que la mignonnette ‘‘cherra’’.

A l’heure dite, la concurrence fait rage, le 17 est en ‘‘sur-bouc’ing’’.

Flairant la supercherie, la coquine élude la difficulté, ayant Le béguin pour Célestin son prof’ de sport. Le mystère éclairci, les deux prétendants après un dernier tour de chauffe infructueux décident d’aller noyer leur abstinence passagère dans la bière :

─ Hug ! big cheef, brasse-nous deux pintes pour deux pauvres moines trappistes.

Oh ! La La .

Ce n’est pas parce que le style ‘‘Yéyé’’ prend une importance considérable, tout en se sclérosant dans deux types de danses (slow, rock et son dérivé le twist), que le bal de campagne, robuste et classique disparaît : foi d’Anatole Chabada !

1963-1964. L’accordéon résiste et essaie de s’adapter à la diversité de la demande faite par cette jeunesse, ce qui bouscule le tas de certitudes que l’on croit inébranlables.

A la mi-août, (comme écrit Ray Ventura), c’est une fête très populaire que la Saint-Roch au village de Paulhac. Les trois bals se déroulent dans une ambiance bon enfant, que ce soit chez Jouve, chez Charbonnel ou chez Gisèle Costerousse. Près de l’église, le stand de tir rustique est sans danger pour les promeneurs. Des boîtes de conserves, judicieusement placées sur une planche à hauteur d’homme, sont empilées en forme de pyramide : cela paraît facile ! Le tireur à distance raisonnable est muni de balles de chiffon entourées par un élastique. Il lui suffit de faire tomber les cinq boîtes avec trois balles pour qu’il puisse se voir offrir une bouteille de blanc liquoreux bien chambré. Le principe du ‘‘casse-bouteilles’’ est le même, la récompense aussi : avec trois boules de pétanque, viser et casser cinq bouteilles en verre. Ce jeu étant plus dangereux que le précédent, le secteur doit être protégé par de vieilles tôles ondulées. Ce parc d’attractions est placé sous la haute autorité du Président du comité des fêtes. Sur la place légèrement en pente, le petit marché aux fruits et légumes redresse fièrement ses étalages à l’aide de cagettes.

Depuis plus de vingt ans au dancing de René Jouve, c’est son copain d’enfance l’ex-Paulhacois Marcel Mijoule qui, perché à un mètre cinquante, sévit sur l’estrade d’angle. Il aime bien la nouvelle danse Le madison une création de l’Américain Al Brown, ancien mineur de fond. Cette sorte de rock lent ou médium qui se pratique en groupe reçoit d’ailleurs un accueil chaleureux du public. Le synoptique des pas est sur toutes les pochettes des disques. Le fait d’être dansé lors d’une longue séquence dans le film West Side Story (inspiré de Roméo et Juliette) en assure la promotion. Par contre, Marcel n’est pas motivé par le slow de Richard Anthony J’entends siffler le train car dit-il :

─ Pas besoin d’accordéon pour jouer ça, l’harmonica suffit !

Ce n’est pas l’avis des joyeux ‘‘footeux’’ de retour du tournoi de sixte de Saint-Flour. Ils apprécient ce morceau et le choisissent pour lancer leur ‘‘concours de Cageots’’.

─ Lorsque le train sifflera trois fois nous procéderons à l’élection de ‘‘Miss Clayette’’, déclare solennellement le portier.

Le jeu consiste à inviter la fille la plus disgracieuse et à s’exhiber le plus longtemps possible avec elle, en gardant son sérieux. L’objectif est de gagner une tournée de vin cuit (Ambassadeur, Bartissol) et surtout d’amuser la galerie.

A l’inverse, la variante très utilisée mais pas plus délicate que la précédente, a pour but de quitter sa cavalière au plus vite. La difficulté est de trouver un prétexte valable, car selon le proverbe : il ne faut jamais dire ‘‘Fontaine je ne boirai pas de ton eau !’’.

De leur côté, avec des règles identiques, les jeunes filles ont la réplique facile. Dans le ‘‘concours de plouc’’ elles nomment après conciliabule, et blablabla et chuchotis et chuchotas, le ‘‘Bélou’’ (paysan arriéré) de la fête.

Figure à l’ordre du jour, la version ‘‘éclipse’’ qui est tout aussi sévère. Les bougresses possèdent un éventail d’excuses impressionnant. Le, j’ai mal aux pieds, vient en première position, ensuite j’ai la tête qui tourne, il fait trop chaud, tu colles trop ! Qu’est-ce que tu danses là ?…

Ainsi, dans le virage de la porte d’entrée, elles se séparent facilement des malheureux trotteurs. Certains, crinière flamboyante, d’autres taillée en brosse, d’autres encore casaque rayée dans les tons de parme fuchsia sont réexpédiés au triple galop dans leurs box.

Lorsque l’ombre apaisante étend ses bras, c’est le retour aux ivresses d’ici-bas avec Roger Mayo le batteur-animateur qui chante avec classe et sentiment le superbe tango Nuits (Hoy) de Truxillo-Chiloë.

Nuits, plus belles que les jours,

Ardentes nuits, qui berçaient tant d’amours

Combien d’amants se sont unis déjà…

Le contre-chant, dans Llora amigo du clermontois Paul Chalier, (Pablo Caliero pour les aficionados) coule sous l’archet du tendre Constant Emanville. De retour chez lui, espéré jusqu’au petit jour par sa dulcinée, ce poète sentimental du petit matin, pince-sans-rire, s’extasie :

─ Oh ! Ma mie, lyre cithare, vous ne luth songé même par une nuit d’été avant nos noces ?

─ Oh ! Williams j’expire ! dit-elle, en se pâmant dans un léger souffle, pleine d’admiration pour son époux

Constant est l’auteur-compositeur des paroles émouvantes et de la musique de son hymne à l’espoir Les poux belle chanson écrite pendant sa longue captivité.

Les poux, c’est pour eux que je chante,

Ce n’est pas qu’ils m’enchantent,

Mais c’est pour eux que je chante.

Jeff’, alias Champollion, le jeune barman figeacois venu en ‘‘extra’’ pour la journée, bras tendu à la verticale pouce levé, signale qu’il a décrypté le SOS, (quatre mesures de La Madelon vient nous servir à boire) envoyé par l’orchestre. Marcel en profite pour susurrer dans le micro :

─ Amène deux ‘‘bibines’’ en plus, ça t’évitera des pas !

Il ajoute en aparté, s’adressant à ses complices :

─ Vise le temps qu’il met pour traverser, on peut y sécher ici ! On aura bien tombé la première avant qu’il soit retourné à ses fioles !

L’enchaînement avec Tchin-tchin (Richard Anthony) est facile, mais le chef préfère la valse à G.G. (Gaston Ghrenassia : Enrico Macias), Toi Paris tu m’as pris dans tes bras et Enfants de tous pays. Atypique, Enrico, Gaston pour les intimes, est soutenu par le bloc ‘‘Pieds Noirs’’. Il faut reconnaître que les mélodies et les Laï laï laï laï, laï laî, sont très entraînants, bien dans l’esprit populaire de l’accordéon qui a de plus en plus de mal à imposer sa présence dans les ensembles.

Le dimanche suivant, au gré de la route sinueuse, l’Ariane Miramas bleu ciel (toit et soubassement bleu roi, moteur treize cents), nous conduit à Ségur-les-villas. Dans le garage de ‘‘Chez Valarcher’’ le bal public bat son plein. Lorsque la Margot du Paris by night, en vacances au domaine de La Courdoue, apparaît entourée par de superbes tendrons, habillés comme Sheila dans l’école est finie : chemisier blanc, couettes et nœuds dans les cheveux assortis à la jupe écossaise, je vous assure que cet arrivage de fraîcheur ne passe pas inaperçu auprès des autochtones. Margot la protectrice, une belle plante qui n’a pas besoin de dégrafer son corsage tant son décolleté est provocant, poitrine poudrée, justement prête à faire parler la poudre, étincelle de mille feux, boucles d’oreilles, colliers, bracelets et bagues aux doigts : C’est la femme aux bijoux.

On dirait Shirley Eaton, recouverte d’une pellicule d’or dans Goldfinger. Ce troisième James Bond est aussi marqué par l’Aston Martin DB5 (bardée d’ingénieux accessoires) et la scène du chapeau d’Oddjob l’imposant major d’homme asiatique qui décapite la statue.

Margot la blonde, sûre d’elle, avec gouaille, se tourne vers l’orchestre.

─ Tiens ‘‘le boutonneux’’ (l’accordéoniste) voilà un peu de ‘‘fraîche’’ et champagne si tu chantes Paris canaille de Léo Ferré. Tu connais j’espère ?

Paris marlou aux yeux de filles,

Ton air filou tes vieilles guenilles

Et tes gueulantes, accordéon,

Ça fait pas d’rentes, mais c’est si bon !

Cette chanson a la particularité d’avoir huit couplets, pas de refrain, juste un leitmotiv : Mais c’est si bon !

Margot qui pèse de tous ses carats sur le choix du moment, ajoute :

─ Merci les gars et bravo, faites moi un grand plaisir avec la dernière de Gilbert Bécaud Quand il est mort le poète, un hommage à Léo l’anarchiste !

Sur le chemin du retour, le ‘‘guinchadou’’ n’est pas terminé chez Madame Lopez à Chalinargues.

Django (Loulou) guitare, accordéon-piano, qui souhaite laisser un instant sa place pour se dégourdir les guibolles, lance en plaisantant à Jo Audebert accordéoniste, danseur-dragueur ce soir là :

Jo, viens nous jouer un truc de ton village, une petite valse de Dienne !

Bien fou celui qui croit qu’à mal y pense (À Malypense slow-rock de Lény Escudero) ce Loulou. En tout bien tout honneur il veut seulement faire tourner la tête à la fille de la maison. Blanche, sourire aux lèvres, est d’accord à condition que la maman lâche un peu de lest. C’est sur le tard, mais le service doit être assuré par Odile la petite soeur ou Achille le petit frère.

Séquence nostalgie : quelques kilomètres après Murat je croise une 4cv immatriculée 833 AG 15. Sur le toit une grand-mère contrebasse vit ses derniers instants de bonheur avant la retraite dans sa housse. Toutes les bonnes choses ont une fin. La guitare basse qui a pris sa place dans les groupes rock, s’impose maintenant dans les orchestres, plus maniable pour le jeu de scène et plus accessible par ceux qui ‘‘touchent’’ à la guitare. Le groupe ‘‘Les chaussettes noires’’, batterie, trois guitares (accompagnement, solo et basse) et le leader Eddy Mitchell sont bien dans le moule avec Oh ! Daniéla tirée du film de Max Pecas De quoi tu t’mèles Daniéla.

Oh, Danié-é-la, la vie n’est qu’un jeu pour toi,

Oh, Danié-é-la, Pourtant ne crois pas

Que tu peux oh ! Danié-é-la jouer avec l’amour

Sans risquer de te brûler un jour.

Cette chanson de Georges Garvarentz est aussi très appréciée dans les ‘‘surprises-parties’’ pour un salutaire retour à un calme relatif. Dans les villes, les seize-vingt ans se réunissent le samedi et le dimanche après-midi tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre, pour danser au son des tourne-disques ou des groupes formés par des musiciens lycéens qui se testent avant une prestation espérée au Bus Palladium, rue Fontaine dans le 9ème, autre sanctuaire du rock.

Pour une formation, le passage au Dancing ‘‘Le rêve’’ à Saint-Paul des Landes ‘‘chez Filler’’ est un gage de qualité, de succès et donc de notoriété. André Thivet, orchestre déjà très populaire est un habitué du lieu. André, large sourire, toujours à la recherche d’une plaisanterie, manifestement heureux, raconte d’une voix éraillée à Jojo le Bouffi et Suzy son espièglerie de la nuit dernière.

─ Hier on jouait à Arvant, dans la salle au premier étage. Après s’être ‘‘tapé’’ (rangé) le matériel, le retour a été épique. En traversant le tunnel du Lioran, alors que tous les gars dorment, il me prend l’idée de me garer dans l’entrée d’une cave à fromage désaffectée. Je me mets à crier : Sauve qui peut ! Le tunnel s’est éboulé !

─ Et alors ? dit Suzy intriguée.

─ Réveillés en sursaut, les angelots jurent à Dieu et comme un seul homme sautent du véhicule, voulant d’abord sauver leur peau. Une vraie débandade !

‘‘Le Pèp’’ veut récupérer ses cuivres, Trappos sa ‘‘gratte’’ (guitare)…

Seul Claude, un instant désarçonné, mais me connaissant bien, flaire la supercherie. En bon comédien et pour ne pas être en reste, il tient parfaitement son rôle.

─ Et alors et alors ? répète Jojo le Bouffi entouré subitement par quelques amis qui tendaient une oreille indiscrète.

Après un long silence, André, visage épanoui savoure la chute, puis lâche :

─ Eh ! Eh ! Zorro est arrivé-é-é !

Je vous laisse imaginer la réaction !

─ Vous m’avez assez écouté, je vous paie un coup, de Pré Lioran (vin) bien sûr !

Nombreux sont les chefs d’orchestres qui revendiquent la paternité de ce fait d’armes, mais ici la drôlerie est en prime !

Sur la place de Saint-Paul, quelle surprise de voir les jeunes filles descendre du car venant d’Aurillac. Les gars les reluquent d’une drôle de manière. Pour se donner une contenance, ils allument une Craven ‘‘A’’ (ça fait mieux qu’une Gitane bleue). La tenant entre le pouce et l’index, les autres doigts levés, une paupière mi-close, ils jouent les blasés.

─ Ces midinettes, qu’ont-elles de si surprenant ?...

Elles portent tout simplement la dernière création de l’anglaise Mary Quant : la minijupe. Elles l’achètent la plus courte possible et paradoxalement, elles tirent dessus sans cesse comme pour l’allonger. Allez-y comprendre quelque chose !

─ N’empêche que, j’en amènerais bien une aux fraises ! (Flirter dans la nature).

On est bien forcé d’admettre, ce qui confirme la règle, que les Anglaises ont de temps en temps de bonnes idées.

A force de lorgner, difficile de ne pas craquer pour croquer : Le Pénitencier nous guette ! Trappos, arpège aux poings, nous le rappelle dans la version française de Vline Buggy et Hugues Aufray.

Les portes du Pénitencier / Bientôt vont se refermer.

Et c’est là ? Que je finirai ma vie / Comme d’autres gars l’ont finie.

La très bonne formation d’André Thivet, entre drague et flatterie, s’en donne à cœur joie dans cette fille là mon vieux, Elle est terrible (Eddy Cochrane) et sont jolies Les filles du bord de mer (Salvatore Adamo). Elle était si jolie (Alain Barrière) ajoute un brin de poésie.

Elle était si jolie / Que je n’osais l’aimer

Elle était si jolie / Je ne peux l’oublier…

Cette génération de musicien est à la recherche de plaisanterie pour surprendre le public. Jean Ségurel que l’on ne connaît pas sous ce jour, placé sous l’influence du clown-musicien Jo Sony, se prête facilement au jeu. L’usine Maugein lui fabrique une copie conforme extérieurement de son accordéon, mais très spéciale. Intérieurement c’est le souk : le soufflet n’est pas bien fixé, la caisse de résonance est remplie de vieux sommiers, les lames d’acier et feutres sont en vrac.

Jean et ses musiciens sont coiffés d’une perruque à la Beatles. Sur scène et dans la salle, c’est le délire. Sur l’accord final du Rock endiablé, Jo tire fortement sur la courroie de l’accordéon et c’est la stupeur : l’accordéon s’ouvre en deux et toute la mécanique s’écrase sur le parquet :

─ Forcément, il va moins bien marcher ! Dirait Bourvil accordéoniste à ses heures.

Rauno Lehtinen venu de Finlande reçoit une ovation des Français pour La leçon de Letkiss. Sur un tempo médium, dansée en groupe, elle réchauffe et procure l’allégresse propre à ses puissants accents slaves.