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Ce 31 mai 1805, le « sieur Jean-Baptiste-Antoine-Benoît Jalenques, notaire à Maurs » (1758-1834), est fort mécontent. Il fait constater par le juge de paix du canton, François Cantarel, que les statues de plâtre que vient de lui faire livrer un statuaire de Clermont-Ferrand sont en piteux état. « La douce mélancolie » est fêlée au point qu’elle se brise dès que Lenfant, le domestique du commissionnaire d’Aurillac, la prend dans les bras. La « Noyade » était entière, mais comme la « Douce mélancolie », elle est « enduite d’une couche de vernis si frais et si humide qu’on n’a pu en détacher le papier qui les couvrait et le foin destiné à les garantir ». Dans la seconde caisse se trouvent deux statues plus petites, « Appollon » (qui a un doigt coupé) et une « Nimphe sortant du bain » ; là encore, on ne peut détacher le papier du vernis encore frais.

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Le procès-verbal par lequel il fait constater la mauvaise qualité de la marchandise nous éclaire sur les goûts du notaire, alors âgé de 47 ans et sur le goût du jour. Les quatre statues ont pour trait commun de représenter quatre personnages. La nymphe et Apollon, qui doivent être plus ou moins nus, représentent respectivement la beauté féminine et masculine dans le goût antique ; la noyade provoque l’effroi, sentiment qui semble opposé à la « douce mélancolie ».

Le procès-verbal de 1805 montre la mermanence du goût néo-classique en France, depuis les années 1750 et jusque fort avant dans le XIXe siècle. Au reste, l’art parisien lui-même, avait, sous l’Empire, à côté de ses aspects martiaux et guerriers, le goût pour les figures belles mais froides, nues mais sévères – semblables à celles qui faillirent décorer la maison de Benoît Jalenques (l'ancêtre d'une fameuse dynastie de notaires de Maurs), si le vernis eût été sec…



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ADC, 4 U 10/66


Le document du mois de novembre 2011 : Un marchand de dentelles des Ternes en pèlerinage à Compostelle (1670)